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La félicitation des Frères musulmans à l’armée soudanaise : Une manœuvre révélatrice de l’ingérence du mouvement dans l’aggravation du conflit


Dans un contexte de conflit croissant au Soudan, l’organisation internationale des Frères musulmans cherche à s’imposer sur la scène politique et militaire, exploitant l’état de chaos pour servir ses objectifs idéologiques.

Cette tentative ne se limite pas à un simple soutien politique, mais englobe le financement et l’armement de factions islamistes au sein de l’armée soudanaise, dans le but de restaurer son influence et de ramener le pays à l’ère du régime islamiste.

Parallèlement, ces agissements représentent une menace à grande échelle, les Frères musulmans cherchant à faire du Soudan une nouvelle base pour des groupes terroristes comme Al-Qaïda et Daech, menaçant ainsi la sécurité de l’ensemble de la région africaine.

L’organisation internationale des Frères musulmans et son soutien aux conflits armés au Soudan

Depuis des décennies, les Frères musulmans utilisent les conflits armés comme outil d’expansion. Le Soudan constitue aujourd’hui un nouveau terrain pour cette stratégie. Depuis la chute du régime de Bachir, les Frères n’ont cessé de chercher à se réimplanter par les moyens suivants :

  • Alliance avec des officiers de l’armée soudanaise : l’armée comprend des éléments affiliés au mouvement, expliquant le soutien des Frères malgré leur opposition historique à l’institution militaire lorsqu’elle leur échappe.
  • Financement des factions armées : le mouvement soutient les groupes islamistes combattant aux côtés de l’armée, sous couvert de slogans religieux pour rallier la population.
  • Planification du retour au pouvoir : les Frères cherchent à profiter du chaos pour infiltrer les institutions sécuritaires et politiques, visant un retour à un régime théocratique.
  • Exploitation du Soudan comme point de passage pour les groupes terroristes : une prise de contrôle par les Frères ferait du pays un sanctuaire pour les extrémistes, déstabilisant toute l’Afrique.

Cette stratégie n’est pas nouvelle : elle a déjà été appliquée en Syrie, en Libye et en Égypte, où les Frères ont attisé les conflits pour atteindre leurs buts.

Les Frères félicitent l’armée” : dévoiler la réalité du message adressé à l’armée soudanaise

L’organisation internationale des Frères musulmans – branche de Londres – a publié un communiqué officiel sur son compte principal sur la plateforme X, relayé par son porte-parole médiatique Sohaib Abdelmaqssoud, un Égyptien. Elle y félicite le peuple soudanais pour la « libération de Khartoum » des milices des Forces de soutien rapide, soutenues de l’extérieur. Le message affirme également que les peuples peuvent briser leurs chaînes et retrouver leur souveraineté, même face à l’oppression prolongée.

  1. Reconnaissance implicite que certains chefs militaires sont affiliés aux Frères : la félicitation ne cible pas l’armée en tant qu’institution nationale, mais ses dirigeants proches du mouvement.
  2. Répétition du scénario de l’ère Bachir : le communiqué trahit la volonté des Frères de restaurer le modèle de gouvernance de l’ancien régime.

Significations de la félicitation

La félicitation des Frères révèle un lien profond entre les deux parties
Ce message n’est pas anodin, il reflète des liens historiques renouvelés entre les courants islamistes et les commandements militaires successifs au pouvoir au Soudan. Pendant des décennies, le régime de Bachir s’est appuyé sur les Frères musulmans, qui lui offraient un appui idéologique en échange d’un accès aux institutions étatiques.

Même après la chute du régime en 2019, des connexions subsistent de manière discrète entre certaines factions de l’armée et les courants islamistes. Une telle déclaration aujourd’hui confirme cette continuité et montre que les Frères considèrent toujours l’armée comme un levier pour revenir sur la scène politique.

La félicitation révèle le souhait des Frères d’un retour au pouvoir par la force

Cette prise de position illustre clairement l’option choisie par les Frères musulmans : privilégier la solution militaire pour reconquérir le pouvoir, après avoir échoué à regagner la confiance de la population par les voies politiques ou sociales.

Ayant perdu une grande partie de leur base populaire après la révolution, ils semblent désormais misés sur une nouvelle alliance avec les militaires et souhaitent mettre fin à la transition par la force, non par le dialogue. Ce choix correspond à d’autres expériences du mouvement dans d’autres pays où il s’appuie souvent sur la violence ou le chaos pour s’imposer.

Une telle stratégie représente un danger majeur pour l’avenir du Soudan, car elle réinstalle les mêmes structures que la révolution avait renversées, bloquant le processus démocratique voulu par les forces civiles.

Al-Burhan vu comme une marionnette temporaire par les Frères musulmans

À travers le ton du message et son contenu politique, on comprend que les Frères musulmans ne considèrent pas Abdel Fattah al-Burhan comme une figure centrale, mais plutôt comme un outil temporaire pour atteindre leur objectif : reprendre le pouvoir.

Le discours ne célèbre pas l’homme, mais les actions de l’armée, comme si la véritable cible de la louange était l’institution militaire dans son ensemble, et non son commandant en particulier. Les Frères ont toujours vu les chefs militaires comme des alliés circonstanciels qu’ils écartent une fois leurs objectifs atteints.

Ainsi, le soutien apparent à Al-Burhan ne doit pas être interprété comme une alliance durable, mais comme une étape dans un plan plus vaste visant à reconquérir totalement les leviers de l’État, quitte à employer des moyens plus radicaux si nécessaire.

La félicitation des Frères musulmans à l’armée soudanaise pour ce qu’ils appellent “la libération de Khartoum” n’est donc pas un simple acte politique : elle constitue un signal inquiétant sur les orientations futures du mouvement, et sur sa volonté d’user de la violence et d’alliances douteuses pour restaurer son influence.

En l’absence d’une vision nationale unifiée tournée vers l’établissement d’un véritable État civil, le Soudan risque d’entrer dans une nouvelle ère de chaos et de divisions, plus intense que la précédente.

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