Politique

Israël élève son niveau de menace contre le Hezbollah pour obtenir son désarmement


Israël a transmis des messages à Beyrouth, par l’intermédiaire de Washington, indiquant qu’elle augmenterait l’ampleur de ses frappes pour atteindre des zones qu’elle s’abstient jusque-là de cibler à la demande de l’administration Trump.

L’armée israélienne a présenté au niveau politique un plan opérationnel visant à élargir les attaques contre le Hezbollah libanais, à un mois de l’échéance fixée par le président américain Donald Trump pour le désarmement du Hezbollah. Selon les médias israéliens, ce plan inclut des options pour intensifier les frappes à l’intérieur du Liban en cas d’absence de progrès concernant la mise en œuvre du désarmement.

La chaîne israélienne 13 a indiqué que l’armée avait présenté ce plan lors d’une réunion spéciale avec le Premier ministre Benyamin Netanyahou, à laquelle ont participé plusieurs ministres et responsables de sécurité.

Israël viole quotidiennement l’accord de cessez-le-feu en vigueur avec le Hezbollah depuis le 27 novembre 2024, entraînant la mort de 335 personnes et faisant 973 blessés, selon les données du ministère libanais de la Santé.

Le 5 août dernier, le Conseil des ministres libanais a décidé de réserver l’ensemble des armes, y compris celles du Hezbollah, à l’autorité de l’État, et a chargé l’armée d’élaborer un plan et de le mettre en œuvre avant la fin de l’année 2025.

Cependant, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a déclaré à plusieurs reprises que le parti rejetait cette décision et exigeait le retrait de l’armée israélienne de l’ensemble du territoire libanais.

La chaîne 13 a ajouté qu’Israël et le Liban attendaient la visite du pape Léon XIV à Beyrouth (prévue dimanche), ainsi que celle de l’émissaire de Trump, Morgan Ortagus. Dans le même temps, des services de sécurité israéliens affirment avoir détecté de nouvelles tentatives de contrebande d’armes vers le Liban.

Dans le même contexte, la chaîne Kan, relevant de l’autorité israélienne de diffusion publique, a rapporté qu’Israël avait transmis à Beyrouth, par l’intermédiaire des États-Unis, des messages selon lesquels elle augmenterait l’intensité des frappes, y compris sur des zones qu’elle s’abstient auparavant de viser à la demande de l’administration Trump, estimant que l’armée libanaise ne déployait pas d’efforts suffisants pour désarmer le Hezbollah.

Selon la chaîne, Israël souhaitait fixer une échéance ultime au gouvernement libanais avant d’étendre ses frappes, mais attend encore une décision américaine à ce sujet.

Le Liban fait face à de fortes pressions d’Israël et des États-Unis pour désarmer le Hezbollah et placer les armes sous le contrôle exclusif de l’État, en particulier depuis la fin de la dernière guerre entre Israël et le parti, il y a environ un an.

La chaîne a précisé qu’Ortagus devait se rendre en Israël cette semaine avant de rejoindre Beyrouth pour discuter de cette même question.

Elle a indiqué que la pression israélienne, ajoutée à l’insatisfaction américaine vis-à-vis des performances de l’armée libanaise, a conduit cette dernière à divulguer des images exceptionnelles, permettant aux journalistes d’accéder à des tunnels appartenant au Hezbollah dans le sud du pays, afin de montrer les efforts engagés dans la mise en œuvre du plan de désarmement.

La chaîne cite une source occidentale bien informée affirmant que le tunnel présenté avait été découvert ces derniers mois, et qu’il aurait été mis au jour après le lancement du plan de désarmement adopté en septembre dernier.

La chaîne ajoute que l’armée libanaise s’était auparavant abstenue de publier de telles informations en raison de sensibilités internes, mais qu’elle a procédé à cette démarche pour atténuer les pressions internationales et américaines.

Aucun commentaire immédiat n’a été publié par les autorités libanaises ni par l’armée concernant les informations diffusées par les médias israéliens.

Cependant, le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a déclaré jeudi, à l’occasion du premier anniversaire de l’accord de cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël : « C’est nous qui avons fixé l’échéance pour la mise en œuvre du contrôle des armes. La première phase est censée s’achever d’ici la fin de l’année. »

Début novembre, le président libanais Joseph Aoun a annoncé la volonté de son pays de négocier avec Israël pour consolider l’accord et mettre fin aux violations, mais Tel-Aviv n’a pas donné suite.

Israël défie l’accord de cessez-le-feu en vigueur depuis le 27 novembre 2024 en maintenant l’occupation de cinq collines libanaises dans le sud, saisies lors de la dernière guerre, ainsi que d’autres zones occupées depuis des décennies.

Cet accord devait mettre fin à l’offensive lancée contre le Liban par Israël en octobre 2023, qui s’était transformée en guerre totale en septembre 2024, causant plus de 4 000 morts et environ 17 000 blessés.

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