L'Europe

Interdiction des Frères musulmans : un soutien populaire en progression, la majorité des Français favorable à la mesure


Une récente étude française révèle que plus de la moitié des citoyens français soutiennent l’interdiction des organisations liées au groupe des Frères musulmans dans le pays.

Un nouveau sondage réalisé par l’institut Ifop pour la fondation ADF indique que 53 % des Français sont favorables à l’interdiction des activités politiques et financières des organisations affiliées aux Frères musulmans en France. Ce résultat traduit une prise de conscience croissante du risque de ce que certains qualifient de « pénétration idéologique » au sein des démocraties occidentales, selon le quotidien français Le Figaro.

Ces évolutions s’inscrivent dans un contexte international marqué par un durcissement des politiques à l’égard du mouvement. Des pays tels que l’Égypte, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite ont interdit les Frères musulmans depuis plusieurs années, tandis que les pays occidentaux semblent désormais s’orienter vers une approche similaire.

Les États-Unis ont ainsi inscrit plusieurs branches des Frères musulmans en Égypte, au Liban et en Jordanie sur leurs listes d’organisations terroristes étrangères.

Toutefois, Ayman Tzaghart, auteur de l’étude, souligne les difficultés juridiques propres au contexte européen, expliquant que « les branches européennes et américaines du mouvement nient tout lien avec l’organisation mère », ce qui complique considérablement les procédures judiciaires.

Soutien au sein de la communauté musulmane

L’étude révèle également que 38 % des musulmans de France se déclarent favorables à l’interdiction des Frères musulmans, tandis que 43 % s’y opposent et que 19 % n’expriment pas d’opinion.

Les opposants à l’interdiction redoutent qu’une telle décision n’entraîne une « discrimination à l’encontre de l’ensemble des musulmans » (41 %) ou qu’elle produise un effet inverse en favorisant l’émergence de courants plus radicalisés (31 %).

À l’inverse, les musulmans favorables à l’interdiction y voient un moyen de réduire les « confusions entre l’islam et l’islam politique en France » (48 %), de renforcer la « cohésion nationale et le respect des lois de la République » (47 %), ainsi que de limiter la « fragmentation sociale » (36 %).

L’étude met en évidence des différences marquées selon les générations et les milieux sociaux. Parmi les musulmans favorables à l’interdiction, la tranche des 15-24 ans affiche le taux de soutien le plus élevé (47 %), tandis que la majorité des personnes âgées de plus de 50 ans y sont opposées (54 %).

Des disparités géographiques apparaissent également : dans les quartiers populaires, 46 % soutiennent l’interdiction, tandis que dans les quartiers plus aisés, la proportion d’opposants atteint 54 %.

Les écarts sont encore plus prononcés selon le genre, puisque 62 % des hommes se déclarent favorables à l’interdiction des Frères musulmans, contre 43 % des femmes.

Fait notable, la mesure bénéficie d’un large soutien quel que soit l’orientation politique. Elle est approuvée par 83 % des électeurs de Valérie Pécresse (droite modérée), 69 % des électeurs d’Éric Zemmour (extrême droite), ainsi que par 54 % des électeurs de Marine Le Pen (extrême droite), d’Emmanuel Macron (centre) et de Jean-Luc Mélenchon (gauche radicale).

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