Grand Maghreb

Ils n’ont fait que se nuire eux-mêmes : Kaïs Saïed menace les Frères musulmans et répond à leurs manœuvres en Europe


Le président tunisien Kaïs Saïed a affirmé que « ceux qui cherchent à attiser les tensions assurent pleinement leurs responsabilités devant la loi », ajoutant : « ils n’ont fait que se nuire eux-mêmes, personne ne leur a nui », dans une allusion directe au mouvement des Frères musulmans en Tunisie et à ses récentes activités, tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger.

Ces déclarations ont été faites lors de la rencontre de Saïed avec la cheffe du gouvernement, Sara Zaafrani, au palais de Carthage, selon un communiqué publié par la présidence tunisienne à l’aube de mardi. Il y a souligné que la Tunisie « a obtenu des résultats importants lorsqu’elle a choisi de tracer sa propre voie », malgré les tentatives, selon ses termes, de parties internes et externes visant à entraver ce processus.

Le président tunisien a indiqué que certaines parties, « au nom d’un patriotisme excessif », n’ont pas hésité à réclamer l’imposition de sanctions économiques contre la Tunisie, dans une allusion aux campagnes de pression menées par des organisations et des réseaux liés aux Frères musulmans à l’étranger, cherchant à remettre en cause le processus politique engagé depuis le 25 juillet.

Sur le plan économique, Saïed a abordé les projets de loi relatifs à l’investissement, affirmant que la réalisation de la justice sociale demeure une priorité et que les causes des blocages « ne résident pas uniquement dans les textes », mais dans l’infiltration des lobbys au sein de l’administration et la propagation de la corruption. Il a estimé que toute réforme véritable nécessite de s’attaquer à ces causes profondes.

Il a également souligné que les efforts se poursuivent afin de permettre l’émergence d’une nouvelle génération apte à assumer des responsabilités, affirmant que le peuple tunisien « n’a pas seulement besoin d’un nouveau discours, mais surtout de réalisations concrètes, rapides et sans entraves ».

Les avertissements de Saïed interviennent un jour après la publication d’un communiqué conjoint signé par plusieurs organisations tunisiennes, dont certaines proches des Frères musulmans, appelant les membres du Parlement européen à rejeter l’inscription de la Tunisie sur la liste des « pays d’origine sûrs », avant un vote prévu le 10 février.

Ces organisations se sont opposées à l’inscription de la Tunisie sur cette liste, estimant que le pays « n’est plus sûr », invoquant ce qu’elles qualifient de « dérive non démocratique » et de « répression généralisée ». Des accusations rejetées par les autorités tunisiennes, qui les considèrent comme faisant partie d’une campagne de pression politique visant à ternir l’image de l’État à l’étranger.

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