Moyen-Orient

Hezbollah et désarmement : le Liban met en avant des « avancées » tandis qu’Israël se prépare à une opération limitée


Israël se prépare à lancer une opération militaire aux objectifs et à la durée limités contre le Hezbollah, alors que le gouvernement libanais examine aujourd’hui le dossier du désarmement dans le sud du pays.

Citant le quotidien Yedioth Ahronoth, Israël se prépare à une opération ciblée et de durée limitée contre le Hezbollah.

Des responsables militaires indiquent que cette opération ne constituerait pas une guerre totale, mais plutôt une campagne plus intense que les affrontements routiniers ayant marqué la frontière nord instable au cours des dernières années.

Sur le plan diplomatique, il semble que le président américain Donald Trump ait laissé la décision de toute escalade entre les mains de la direction israélienne, selon la même source.

Lors du sommet de Mar-a-Lago, en Floride, Trump a déclaré qu’il « soutiendrait pleinement » toute option choisie par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, offrant ainsi un appui politique clair aux choix de Tel-Aviv.

Escalade sur le terrain

Depuis lundi dernier, Israël a intensifié ses frappes aériennes sur plusieurs régions du sud et de l’est du Liban, affirmant qu’elles visaient des infrastructures militaires appartenant au Hezbollah et au Hamas.

Le président libanais Joseph Aoun a condamné les raids israéliens. Dans un communiqué, il a déclaré que la poursuite par Tel-Aviv de ses « agressions vise à faire échouer tous les efforts déployés aux niveaux local, régional et international afin de mettre fin à l’escalade israélienne continue ».

Aoun a estimé que ces actions se déroulent « malgré la coopération manifestée par le Liban », soulignant notamment « l’extension du contrôle de l’État » par le gouvernement dans la zone située au sud du fleuve Litani, qui s’étend sur environ 30 kilomètres le long de la frontière avec Israël, ainsi que le déploiement de l’armée libanaise dans cette région, conformément aux dispositions du cessez-le-feu prévoyant le désarmement du Hezbollah à commencer par cette zone.

L’armée libanaise rend compte des progrès du désarmement

Le Conseil des ministres libanais tient aujourd’hui, jeudi, une séance afin d’être informé par le commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, des avancées réalisées par l’armée dans l’application du plan.

Selon ce plan, l’armée est censée achever le processus de désarmement du Hezbollah dans la zone située au sud du fleuve Litani d’ici la fin de l’année 2025, avant de poursuivre progressivement sa mission dans d’autres régions.

Des responsables libanais confirment que l’armée a achevé la mise en œuvre de la première phase du plan, mais Israël met en doute l’efficacité des mesures prises et accuse le Hezbollah de reconstruire ses capacités militaires.

Ce mercredi, l’armée libanaise a annoncé avoir atteint les objectifs de la première phase du plan de limitation des armes.

Dans un communiqué, elle a indiqué que « son plan de limitation des armes est entré dans une phase avancée, après la réalisation effective et tangible sur le terrain des objectifs de la première phase ».

Elle a précisé que cette phase s’est concentrée sur l’élargissement de la présence opérationnelle de l’armée, la sécurisation des zones vitales et l’extension du contrôle opérationnel sur les territoires placés sous son autorité dans le secteur sud du Litani, à l’exception des terres et des sites toujours sous contrôle israélien.

L’armée a ajouté que « le travail se poursuit jusqu’à l’achèvement du traitement des munitions non explosées et des tunnels, ainsi que des demandes de mesures visant à consolider le contrôle, afin d’empêcher les groupes armés de reconstituer leurs capacités de manière irréversible ».

Elle a également indiqué qu’une évaluation générale et globale de la première phase du plan « Bouclier de la nation » serait menée, afin de servir de base à la définition du parcours des phases ultérieures du plan établi.

Dans ce contexte, l’armée a souligné que « la poursuite des agressions israéliennes contre le territoire libanais et l’occupation de plusieurs sites à l’intérieur du pays, ainsi que l’établissement de zones tampons restreignant l’accès à certaines régions, en plus des violations quotidiennes répétées de l’accord de cessation des hostilités signé le 27 novembre 2024 ».

Elle a affirmé que « tout cela affecte négativement l’accomplissement des missions requises, en particulier à proximité de ces zones, et par conséquent l’extension de l’autorité de l’État libanais et la limitation des armes aux seules forces armées, sans exception. S’y ajoute le retard dans l’arrivée des capacités militaires promises à l’armée, ce qui constitue un facteur déterminant dans le rythme d’exécution des missions ».

Des efforts « insuffisants »

Dimanche dernier, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a reconnu sur son compte sur la plateforme X que le gouvernement et l’armée libanais avaient déployé des efforts pour désarmer le Hezbollah, estimant toutefois qu’ils étaient « très loin d’être suffisants ».

Saar a également évoqué « les efforts du Hezbollah pour se réarmer et se reconstruire, avec le soutien de l’Iran ».

De son côté, le Hezbollah a rejeté les appels à la remise de ses armes, conditionnant toute démarche en ce sens à l’engagement préalable d’Israël à respecter l’accord de cessez-le-feu, notamment en ce qui concerne l’arrêt des frappes et le retrait de ses forces de cinq points qu’elle occupe encore dans le sud du pays.

Depuis l’entrée en vigueur de l’accord, plus de 350 personnes ont été tuées par des frappes israéliennes au Liban, selon un bilan établi par l’Agence France-Presse à partir des données du ministère libanais de la Santé.

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