Frères musulmans du Pakistan : un plan pour faire tomber l’État et reproduire le scénario du chaos bangladais
La Jamaat-e-Islami, branche politique des Frères musulmans au Pakistan, est entrée dans une phase de « confrontation ouverte » avec l’État, abandonnant les rôles traditionnels de l’opposition pour adopter une stratégie globale d’« affrontement sur le terrain ».
À travers ses récentes mobilisations, le mouvement chercherait à fragiliser la légitimité du régime et à mobiliser la rue en vue de faire tomber le gouvernement, dans un contexte marqué par des mises en garde contre un possible basculement du pays dans le chaos.
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Selon un rapport d’Al-Bawaba News, l’organisation aurait entamé la mise en œuvre d’un plan d’« érosion de la confiance » envers le processus démocratique. Le discours de son chef, Hafiz Naeem ur Rehman, ne se limiterait plus à critiquer le gouvernement, mais s’étendrait désormais à la remise en cause de la légitimité des élections, avec l’affirmation que le pouvoir serait l’émanation de « forces influentes ».
Des observateurs estiment que cette évolution traduit la volonté du mouvement de s’en remettre à la « loi de la rue » plutôt qu’aux institutions parlementaires, une approche historiquement adoptée par les organisations affiliées aux Frères musulmans lorsqu’elles échouent dans les urnes.
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Toujours selon le rapport, la Jamaat-e-Islami chercherait à construire une « narration victimaire » globale, établissant un lien entre les crises sécuritaires dans les provinces du Baloutchistan et du Khyber Pakhtunkhwa et la performance du gouvernement, dans le but d’attiser les tensions régionales et d’unifier la colère populaire sous sa direction. Le mouvement exploiterait également la dégradation des services publics dans de grandes villes comme Karachi, devenue un terrain d’expérimentation pour mesurer sa capacité à provoquer un affrontement sécuritaire.
Dans un signal jugé préoccupant quant à la radicalisation du discours, le chef du mouvement a évoqué le « modèle bangladais », en référence explicite aux épisodes de violence ayant conduit à la chute du pouvoir au Bangladesh. Les messages diffusés par le groupe auraient inclus des menaces directes à l’encontre de la police, les appelant à ne pas afficher de « loyauté envers l’État ». Des analystes y voient une tentative de diviser les institutions sécuritaires et d’exercer une pression sur le pouvoir fédéral à travers une stratégie dite du « bord du précipice ».
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Les Frères musulmans au Pakistan n’auraient pas non plus hésité à instrumentaliser des dossiers régionaux. Hafiz Naeem ur Rehman aurait invoqué des enjeux internationaux pour accroître la pression sur Islamabad, rejetant toute coopération internationale en matière de lutte contre le terrorisme ou toute participation à des forces internationales de stabilisation, dans le but de placer le gouvernement de Shehbaz Sharif dans une position d’étau politique.
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