Force internationale pour Gaza : des détails toujours en suspens après la réunion de Doha
Les détails relatifs à la force internationale de stabilisation à Gaza demeurent en suspens, malgré l’approche de la date annoncée pour la proclamation de sa création et de ses mécanismes de fonctionnement.
La rencontre attendue entre le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, prévue le 29 décembre en Floride, est considérée comme décisive sur ce dossier.
Selon le quotidien israélien Yedioth Ahronoth, « l’incertitude persiste après le sommet consacré à la force pour Gaza, alors que les États-Unis cherchent à obtenir des engagements ».
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Le journal cite des diplomates occidentaux affirmant que « des éléments essentiels concernant la force de stabilisation proposée pour Gaza restent non résolus, notamment son mandat, ses zones de déploiement et ses règles d’engagement, alors que Washington souhaite la déployer dès janvier ».
Le Commandement central américain (CENTCOM) a présidé mercredi à Doha une réunion rassemblant des représentants d’environ 45 pays invités à discuter de la création d’une force internationale de stabilisation chargée de superviser le cessez-le-feu à Gaza.
Israël n’a pas été invité à cette réunion, dans la mesure où il ne ferait pas partie de la force appelée à se déployer dans les zones dont l’armée israélienne se retirerait lors de la deuxième phase du plan Trump visant à mettre fin à la guerre à Gaza.
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Détails de la réunion
Yedioth Ahronoth précise que « les États-Unis ont présenté leurs plans initiaux pour la force et ont demandé aux pays participants d’indiquer leurs contributions potentielles, qu’il s’agisse de troupes, de financement ou de formation. Une autre réunion est prévue en janvier ».
Toujours selon des diplomates occidentaux, « la structure de la force internationale de stabilisation demeure floue, et Washington continue d’évaluer la volonté réelle des pays à y participer. Les rôles n’ont pas encore été définis de manière définitive ».
Le journal ajoute que « des représentants de l’Union européenne ont proposé d’élargir le programme actuel de formation de la police palestinienne en Cisjordanie afin d’y inclure les membres de la future force de stabilisation destinée à être déployée à Gaza ».
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Il précise également que « parmi les pays dont la participation est à l’étude figurent l’Indonésie, l’Azerbaïdjan, le Pakistan et le Bangladesh. L’Italie a aussi exprimé son intérêt, mais pourrait privilégier un rôle axé sur la formation plutôt que sur le déploiement de troupes ».
Des informations indiquent que les États-Unis mènent des discussions avec entre 15 et 20 pays au sujet d’un soutien éventuel à cette force.
Certaines capitales restent toutefois préoccupées par le risque d’affrontements directs avec des groupes armés à Gaza ou avec les forces israéliennes.
Les règles d’engagement, les directives en matière d’armement, les zones de déploiement et les sites de formation n’ont pas encore été finalisés.
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Yedioth Ahronoth indique par ailleurs que « la Turquie n’a pas été invitée à la réunion en raison d’objections israéliennes », tout en précisant que « si des responsables américains n’excluent pas une participation turque à la force de stabilisation internationale, des informations font état de pressions actives exercées par Ankara sur d’autres pays afin qu’ils ne prennent pas part à l’initiative ».
Le journal ajoute que « les responsables s’attendent à ce que la formation de la force débute en janvier. Celle-ci devrait s’entraîner dans un pays tiers de la région avant d’être initialement déployée dans la zone de Rafah, à l’intérieur de ce que l’on appelle la “ligne jaune”, une zone définie par Israël et placée sous le contrôle de l’armée israélienne ».
Il est également indiqué que « les États-Unis espèrent nommer un général américain à la tête de la force. Le général Jasper Jeffers, qui a précédemment supervisé l’équipe de surveillance du cessez-le-feu au Liban, figure parmi les principaux candidats ».
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Quinze pays absents
De son côté, le quotidien israélien Haaretz a rapporté, citant des sources informées, que l’Azerbaïdjan n’envisage pas de participer à la force internationale de stabilisation à Gaza, malgré ses relations diplomatiques avec Israël.
Le journal indique que « selon une liste obtenue par Haaretz auprès de sources diplomatiques, l’Azerbaïdjan n’est pas le seul pays à avoir décliné l’invitation à la conférence de Doha. Environ quinze pays invités se sont abstenus d’envoyer des représentants, parmi lesquels le Turkménistan et le Tadjikistan en Asie centrale, ainsi que plusieurs pays européens tels que la Belgique, la Roumanie et l’Estonie, et des pays d’Asie de l’Est, dont la Corée du Sud et le Népal ».
Il ajoute que « parmi les pays ayant participé à la conférence figurent l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, le Maroc, Bahreïn, la Jordanie, l’Égypte, l’Arabie saoudite, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, la Grèce, Chypre, le Yémen, la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo ».
