Politique

Escalade iranienne par le ciblage de sites énergétiques dans cinq pays du Golfe


L’Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis, le Koweït et Bahreïn ont annoncé, jeudi, que des sites pétroliers et gaziers avaient été visés par de nouvelles attaques iraniennes par missiles et drones, un grand nombre d’entre eux ayant été interceptés.

Ces cinq pays ont indiqué avoir été la cible d’attaques lancées depuis Téhéran, alors que la guerre israélo-américaine contre l’Iran entrait dans son vingtième jour, malgré les avertissements formulés par le président américain Donald Trump. Ces frappes s’inscrivent, selon l’Iran, dans le cadre d’une riposte à ce qu’il considère comme une agression américano-israélienne continue depuis le 28 février.

Le ministère saoudien de la Défense a annoncé, dans plusieurs communiqués, avoir intercepté et détruit 27 drones depuis l’aube de jeudi dans les régions de Riyad et de l’Est, ajoutant que deux missiles balistiques visant la région orientale avaient également été neutralisés.

La Direction générale de la défense civile saoudienne a, de son côté, déclenché deux alertes précoces dans la matinée, l’une concernant une menace dans la région orientale et l’autre visant la province de Yanbu, à l’ouest du pays.

QatarEnergy, la compagnie publique qatarienne, a déclaré dans un communiqué que plusieurs de ses installations de gaz naturel liquéfié avaient été visées par des attaques de missiles tôt jeudi matin, provoquant des incendies et d’importants dégâts.

Quelques heures auparavant, le ministère qatari de la Défense avait indiqué que le pays avait subi une attaque de missiles balistiques en provenance d’Iran visant la zone industrielle de Ras Laffan, principal centre de l’industrie gazière du pays, causant des dommages matériels.

Le ministère de l’Intérieur a précisé que les équipes de la défense civile « ont maîtrisé tous les incendies dans la zone industrielle de Ras Laffan sans faire de victimes », tout en poursuivant les opérations de refroidissement et de sécurisation des sites, tandis que les unités spécialisées en explosifs des forces de sécurité intérieure traitaient les éléments dangereux.

La Kuwait Petroleum Corporation a annoncé qu’une unité opérationnelle de la raffinerie de Mina Al-Ahmadi, exploitée par la Kuwait National Petroleum Company, avait été ciblée par un drone, provoquant un incendie limité.

Elle a précisé que l’attaque n’avait fait aucune victime et que l’incendie avait été maîtrisé conformément aux normes de sécurité les plus strictes.

La Garde nationale koweïtienne a, pour sa part, indiqué que ses forces avaient abattu cinq drones à l’aube de jeudi dans les zones sous leur responsabilité, dans le cadre des efforts visant à renforcer la sécurité et protéger les infrastructures vitales, appelant la population à respecter les consignes des autorités.

L’armée koweïtienne a également confirmé que ses défenses aériennes avaient intercepté des missiles et des drones hostiles, précisant que les détonations entendues résultaient de ces interceptions.

Le ministère de la Défense a affirmé que les systèmes de défense aérienne avaient contré des attaques de missiles et de drones en provenance d’Iran, ajoutant que les bruits entendus dans différentes régions étaient liés à l’interception de missiles balistiques et à l’action de chasseurs contre des drones et des engins volants.

Le ministère de l’Intérieur a annoncé l’activation des sirènes d’alerte, appelant citoyens et résidents à rester calmes, à se diriger vers les lieux sûrs les plus proches et à suivre les informations via les canaux officiels.

Depuis le 28 février, l’Iran mène des attaques contre ce qu’il présente comme des bases et des intérêts américains dans des pays arabes, certaines ayant causé des morts et des blessés ainsi que des dommages à des infrastructures civiles, ce qui a été condamné par ces États, appelant à la cessation des attaques.

En l’espace de 18 jours, l’Iran a lancé au moins 4 192 missiles et drones contre ces pays, ainsi qu’une attaque impliquant deux avions de chasse, selon un décompte fondé sur des données officielles jusqu’à mercredi soir.

Les Émirats arabes unis sont les plus touchés, suivis du Koweït, puis de Bahreïn, du Qatar, de l’Arabie saoudite et de la Jordanie, tandis que le Sultanat d’Oman est le moins visé.

Téhéran justifie ces attaques comme une réponse à l’offensive américano-israélienne, qui aurait causé au moins 1 332 morts, dont 202 enfants, 223 femmes et le guide suprême Ali Khamenei, ainsi que plus de 15 000 blessés.

L’Iran a également lancé des missiles et des drones en direction d’Israël, faisant au moins 16 morts et 3 727 blessés, ainsi que des attaques ayant tué 13 militaires américains et blessé 200 autres.

L’Iran est visé par ces opérations malgré des avancées dans les négociations avec les États-Unis concernant son programme nucléaire. Il s’agit de la deuxième fois qu’Israël fait dérailler le processus de négociation, la première ayant conduit à la guerre de juin 2025.

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