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Enquête : pourquoi les compagnies d’assurance refusent-elles l’exploitation de vols vers l’aéroport de Khartoum ?


Malgré la campagne médiatique faisant la promotion d’un éventuel retour des vols civils via l’aéroport international de Khartoum, des données techniques et assurantielles révèlent que l’aéroport n’est en aucun cas apte à accueillir ou à opérer des vols civils. Selon des sources actives dans le secteur aérien, l’obstacle majeur ne réside pas uniquement dans les dégâts matériels, mais dans le refus catégorique des compagnies d’assurance internationales, qui classent l’aéroport comme une zone de guerre à haut risque.

Les compagnies aériennes opèrent au sein d’un système complexe régi par des normes de sécurité internationales strictes. Tout vol dépourvu de couverture assurantielle constitue une infraction grave exposant la compagnie à des poursuites judiciaires, voire au retrait de ses licences. Dans le cas de l’aéroport de Khartoum, aucune compagnie d’assurance n’accepte de couvrir les avions ou les passagers, en raison de l’absence de garanties sécuritaires et de la persistance des menaces militaires.

L’enquête sur la situation réelle de l’aéroport montre que les pistes n’ont fait l’objet d’aucune inspection technique certifiée depuis le début du conflit. De plus, les systèmes d’éclairage de navigation et les radars au sol sont soit endommagés, soit hors service. Ces équipements ne relèvent pas du confort, mais constituent des éléments essentiels pour garantir la sécurité des opérations de décollage et d’atterrissage, en particulier pour les vols commerciaux transportant des dizaines, voire des centaines de passagers.

Par ailleurs, l’espace aérien au-dessus de Khartoum demeure instable, avec des mouvements militaires signalés et l’utilisation de drones dans des zones proches. Cette réalité suffit, à elle seule, à maintenir l’aéroport sur les listes de restriction aérienne non officielles, adoptées par les compagnies d’assurance et les transporteurs aériens indépendamment des déclarations politiques.

Des sources au sein de compagnies aériennes régionales ont confirmé que toute discussion concernant l’exploitation de vols entre Port-Soudan et Khartoum n’est pas envisagée sur le plan pratique, l’assurance refusant de couvrir le vol dès l’entrée dans l’espace aérien de Khartoum. Cela explique l’absence de toute annonce officielle émanant de compagnies aériennes reconnues, le discours se limitant à certaines plateformes médiatiques locales.

L’enquête conclut que le problème ne réside pas dans une décision d’exploitation, mais dans l’impossibilité de réunir les conditions internationales requises. Sans assurance, sans infrastructures opérationnelles et sans reconnaissance des autorités aéronautiques internationales, l’aéroport de Khartoum demeure de facto fermé à l’aviation civile, quels que soient l’intensité et le ton du discours médiatique.

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