Élection présidentielle en Somalie : une coalition d’opposition annonce son candidat et s’engage en faveur du consensus et de la réconciliation
Une coalition d’opposition en Somalie a officiellement annoncé son candidat à la présidence du pays, réaffirmant son engagement en faveur du principe du consensus et de la réconciliation nationale.
Lors d’une conférence organisée jeudi soir à Mogadiscio par l’alliance d’opposition « Union de la Dignité Nationale », la coalition a officiellement adopté la candidature de l’ancien Premier ministre somalien Abdi Farah Shirdon à l’élection présidentielle prévue pour le mois de mai prochain.
La conférence, présidée par Abdirazaq Khalif Ahmed, l’un des membres fondateurs de l’alliance, a réuni plusieurs figures politiques de premier plan, dont d’anciens responsables gouvernementaux et des dirigeants nationaux. Les participants ont examiné la situation politique et sécuritaire du pays dans le contexte de la poursuite de la phase de transition et des défis accumulés qui l’accompagnent, selon les médias locaux.
Les délégués ont approuvé à l’unanimité la constitution du parti et son programme politique, ainsi que l’adoption d’un conseil central composé de 151 membres. Abdi Farah Shirdon a également été élu président du parti et officiellement désigné comme candidat de la coalition à la présidence de la Somalie lors du prochain scrutin.
Dans son discours à l’issue de l’acceptation de sa candidature, Shirdon s’est engagé à respecter la Constitution, à défendre la souveraineté de la Somalie et l’intégrité de son territoire, et à œuvrer pour conduire le pays vers des élections consensuelles et inclusives mettant fin à la phase de transition.
Il a également souligné que la réconciliation nationale, la réforme institutionnelle et le renforcement de la cohésion sociale constituent les piliers fondamentaux de son programme électoral.
À travers une série de résolutions, la conférence a salué le rôle de l’Armée nationale somalienne et des forces « Darawish » du Puntland dans la lutte contre les groupes terroristes, louant ce qu’elle a qualifié de « patriotisme et de sacrifices » dans la défense de la sécurité nationale et la préservation de la stabilité du pays.
La coalition a réaffirmé son opposition à toute démarche politique susceptible de porter atteinte à l’unité ou à la souveraineté de la Somalie, appelant les dirigeants nationaux à s’engager dans un dialogue global et consensuel, en coordination avec le gouvernement fédéral, afin de résoudre les différends politiques dans le cadre constitutionnel.
Les délégués ont insisté sur la nécessité d’organiser des élections générales, consensuelles et crédibles, considérées comme la voie essentielle pour mettre un terme à ce qu’ils ont décrit comme une phase de transition excessivement prolongée.
La conférence a également mis en lumière les graves répercussions humanitaires résultant des vagues de sécheresse persistantes, appelant le gouvernement et la société à intensifier les efforts humanitaires et à coordonner l’acheminement d’une aide urgente vers les communautés les plus touchées.
L’Alliance somalienne de l’Union de la Dignité Nationale a été annoncée en novembre 2025, avec la participation de neuf personnalités politiques somaliennes de premier plan représentant divers partis, mouvements et plateformes civiques, réunies sous une bannière politique commune visant à restaurer la bonne gouvernance, la responsabilité et à renforcer l’unité de l’État.
La coalition comprend des figures politiques de premier plan, notamment Abdi Farah Shirdon, ancien Premier ministre, Abdikarim Hussein Guled, ancien président de l’État de Galmudug et ancien ministre de l’Intérieur, ainsi que Thabit Abdi Mohamed, ancien maire de Mogadiscio, entre autres.
Depuis un an, le débat s’intensifie en Somalie autour des élections directes prévues pour le mois de mai prochain, les premières depuis 57 ans après le dernier scrutin organisé en 1968, en remplacement des élections indirectes instaurées en 2000. Ces dernières reposent principalement sur le partage du pouvoir selon des quotas claniques dans les États du pays, conformément au système dit 4.5, mis en place après des coups d’État et des guerres civiles, et dominé par quatre grands clans : Hawiye, Darod, Rahanweyn et Dir.
Le 25 décembre dernier, le président Hassan Sheikh Mohamud s’est engagé à ouvrir un dialogue franc avec les dirigeants de l’opposition afin de répondre à leurs préoccupations concernant le processus électoral. Après avoir voté lors des élections des conseils locaux dans la région de Benadir, qui comprend la capitale Mogadiscio et où l’opposition est influente, il a déclaré que « toutes les portes sont ouvertes au dialogue et à la réconciliation nationale ».
Le président somalien a insisté sur la nécessité de renforcer les canaux de communication et de coopération entre les responsables politiques, afin de servir la réalisation de l’unité nationale et de contribuer à l’élaboration de solutions durables aux défis complexes auxquels le pays est confronté.
