Moyen-Orient

Domination par l’intimidation : les Houthis imposent leur idéologie par la force des armes


La guerre menée par les Houthis dans le nord du Yémen a dépassé le cadre de la confrontation militaire pour s’étendre à des tentatives d’influence sur la société par le langage de la menace et des armes.

C’est ce qui se déroule actuellement à Sanaa, Amran, Dhamar et Al-Mahwit, où les Houthis cherchent à exercer des pressions et des menaces sur certains chefs tribaux afin d’influencer le tissu social qui a longtemps préservé l’équilibre communautaire.

Ces sources, qui ont requis l’anonymat par crainte de poursuites sécuritaires, indiquent que le groupe a convoqué plusieurs chefs tribaux de Sanaa, Amran, Dhamar et Al-Mahwit pour rencontrer le chef des milices, Abdelmalek al-Houthi, puis participer à des programmes collectifs organisés dans son fief de Saada.

Ces programmes comprennent des rencontres avec des dirigeants houthis, des visites de sites liés à l’histoire du mouvement, suivies de ce que les milices qualifient de « cours culturels » s’étalant sur plusieurs semaines.

Les sources précisent que des cadres des milices houthis assurent la coordination avec les chefs tribaux pour leur transfert vers Saada et leur participation à ces sessions, estimant que l’objectif principal est d’inculquer des concepts idéologiques spécifiques aux participants.

Contraintes et pratiques coercitives

Un chef tribal yéménite a déclaré que « les Houthis enlèvent toute personne refusant de s’engager dans ces cours à caractère confessionnel », avant de la libérer après qu’elle a « accepté de participer à ces activités ».

Ces pratiques ne se limitent pas aux chefs tribaux, mais touchent également des commerçants, des officiers à la retraite, des agriculteurs et d’autres catégories sociales, contraints de s’engager dans ces formations idéologiques.

Parmi les cas qui ont suscité l’attention de l’opinion publique figure celui du cheikh Saif Mohammed Yahya Mohsen al-Ghouli, chef de Ghoulat Ajeeb dans la province d’Amran, convoqué par les milices houthis à Saada puis forcé à suivre un cours confessionnel.

L’affaire al-Ghouli a provoqué de vives réactions tribales à Amran, ces formations étant perçues comme visant à démanteler ce qui subsiste du tissu tribal et à déchirer la cohésion sociale, en « divisant les citoyens en catégories et en classes ».

Des notables locaux estiment que ces mesures pourraient conduire à l’imposition d’une identité idéologique particulière au détriment des traditions et des coutumes locales, ce qui risquerait de créer des divisions au sein des communautés et d’affaiblir les structures sociales traditionnelles.

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