Détenus de l’État islamique transférés en Irak : une seule prison et l’alimentation à la charge de la coalition
Les autorités irakiennes ont révélé de nouveaux détails concernant les membres de l’organisation État islamique transférés depuis la Syrie, notamment leur nombre, leur lieu de détention et la prise en charge des frais liés à leur alimentation.
Le porte-parole du ministère irakien de la Justice, Ahmed Laibi, a déclaré à l’Agence de presse irakienne que « les procédures gouvernementales relatives au transfert des terroristes de la Syrie vers l’Irak sont conformes aux règles en vigueur ». Il a précisé que « le nombre de terroristes transférés jusqu’à présent s’élève à 5 064, dont plus de 270 Irakiens, plus de 3 000 de nationalité syrienne, le reste étant issu d’autres nationalités ».
Il a indiqué que « tous les terroristes ont été placés dans une seule prison et feront l’objet d’enquêtes et de procès conformément au droit irakien », soulignant que « l’Irak est un acteur essentiel de la coalition internationale de lutte contre l’État islamique et que l’accueil et la détention de ces terroristes se font à la demande de cette coalition ».
Il a ajouté que « le ministre de la Justice, Khaled Chouani, a confirmé que les mesures prises à l’égard de ces terroristes ont été coordonnées avec la coalition internationale », précisant que « les frais liés à l’alimentation des membres terroristes de l’État islamique sont pris en charge par la coalition internationale et non par l’Irak ».
L’organisation État islamique avait pris le contrôle de vastes zones du nord et de l’ouest de l’Irak à partir de 2014, avant d’être vaincue en 2017 par les forces irakiennes, avec le soutien de la coalition internationale dirigée par Washington.
Au cours des dernières années, des tribunaux irakiens ont prononcé des peines de mort et des condamnations à perpétuité à l’encontre de personnes reconnues coupables d’appartenance à une « organisation terroriste » et d’homicide.
Des milliers d’Irakiens et d’étrangers condamnés pour appartenance à l’État islamique sont actuellement détenus dans les prisons irakiennes.
La semaine dernière, l’autorité judiciaire irakienne a annoncé l’ouverture d’enquêtes concernant 1 387 détenus remis dans le cadre d’une opération de l’armée américaine.
L’Irak appelle les États concernés à rapatrier leurs ressortissants et à garantir qu’ils soient jugés.
Dans la Syrie voisine, où l’organisation a été vaincue en 2019, des milliers de personnes soupçonnées d’appartenir à des groupes terroristes, ainsi que leurs familles — dont des étrangers — ont été détenues dans des prisons et des camps administrés par les Forces démocratiques syriennes.
L’annonce du plan de transfert des membres de l’organisation vers l’Irak est intervenue le mois dernier, après que l’envoyé américain à Damas, Tom Barrack, a estimé que le rôle des Forces démocratiques syriennes dans la lutte contre le groupe extrémiste était achevé.
À la suite de la fin du mandat de l’équipe des Nations unies chargée d’enquêter sur les crimes de l’État islamique en 2024, l’Irak a créé le Centre national de coopération judiciaire internationale, relevant du Conseil supérieur de la magistrature, afin de poursuivre la collecte de preuves et la documentation des crimes du groupe extrémiste.
Ce centre constitue l’organe principal de coordination avec les États menant des enquêtes dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et est chargé de suivre les demandes judiciaires irakiennes visant à poursuivre les auteurs de crimes liés à l’organisation.
Dimanche, le centre a indiqué à l’Agence de presse irakienne que « les enquêtes concernant les membres de l’État islamique arrivés de Syrie dureront entre quatre et six mois », précisant que parmi eux figurent « des éléments particulièrement dangereux et des accusés impliqués dans l’utilisation d’armes chimiques ».
Il a souligné qu’« il ne peut être question de remettre les détenus de l’État islamique à leurs pays d’origine avant l’achèvement des procédures d’enquête » en Irak.
