Politique

Détails du premier débarquement aérien israélien de ce type en Syrie


Quatre hélicoptères israéliens ont survolé à basse altitude la région de Kesswa, au sud de Damas, et des parachutes ont été déployés pour entamer une opération de fouille, deux jours après que l’armée syrienne eut découvert des dispositifs d’espionnage et de surveillance.

Selon les médias officiels syriens, l’armée israélienne a mené un débarquement aérien dans un site militaire près de Damas, dans la nuit de mercredi à jeudi, après avoir déjà bombardé ce même site à deux reprises, mardi et mercredi.

Mardi, une frappe israélienne avait visé ce lieu proche de la ville de Kesswa, dans la campagne de Damas, provoquant la mort de six soldats syriens, d’après le ministère syrien des Affaires étrangères. Le lendemain soir, Israël a renouvelé ses frappes sur la zone, selon la télévision d’État syrienne.

L’agence officielle SANA a rapporté, citant une source gouvernementale, que mardi, des soldats syriens avaient découvert près du mont al-Mani des dispositifs de surveillance et d’espionnage. Alors qu’ils tentaient de les neutraliser, le site a subi une attaque aérienne israélienne, entraînant la mort et la blessure de plusieurs militaires, ainsi que la destruction de véhicules.

Un responsable du ministère syrien de la Défense, s’exprimant sous anonymat auprès de l’AFP, a précisé que le site de Tall al-Mani était auparavant une base militaire.

Toujours selon SANA, le site a de nouveau été visé mercredi soir par plusieurs raids israéliens, suivis d’une opération de débarquement aérien dont les détails demeurent incertains, alors que des drones israéliens continuaient de survoler intensément la zone.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme, basé à Londres, a indiqué pour sa part que le lieu visé constituait un vaste dépôt de missiles autrefois utilisé par le Hezbollah libanais, allié de l’Iran. L’OSDH a ajouté que quatre hélicoptères israéliens avaient volé à basse altitude au-dessus de Kesswa et procédé à un largage de parachutistes pour une opération de fouille.

D’après l’Observatoire, il s’agit du premier débarquement aérien israélien de ce type en Syrie depuis la chute du régime de Bachar al-Assad, le 8 décembre 2024.

Le site d’information syrien « Enab Baladi » a cité un officier syrien affirmant que l’opération s’était déroulée sans affrontement direct avec les forces du ministère de la Défense présentes dans la zone, et qu’elle avait duré plus de deux heures, sans précision sur sa nature exacte.

Cette opération s’inscrit dans le cadre des centaines de frappes israéliennes menées depuis des années sur des positions militaires en Syrie, justifiées par Israël comme une stratégie visant à empêcher que des armes sophistiquées ne tombent entre les mains d’alliés régionaux, notamment le Hezbollah.

Ces raids coïncident également avec des pourparlers sécuritaires en cours entre Israël et la Syrie, visant à réduire les tensions militaires.

La région du mont al-Mani, qui abrite une position militaire, a déjà été plusieurs fois ciblée avant et après la chute du régime syrien. Par le passé, elle servait de quartier général à la 1ère division de l’armée syrienne et constituait une base pour bombarder les zones rebelles dans la campagne ouest de Damas.

Israël a déjà frappé à plusieurs reprises la zone, comme le 8 février 2024 lorsqu’il a bombardé un site du mouvement palestinien Hamas à Deir Ali, au sud de Damas. Le porte-parole de l’armée israélienne, Avichay Adraee, avait alors confirmé que le site contenait un dépôt d’armes destiné à des opérations contre l’armée israélienne.

Ce n’était pas la première fois qu’Israël menait de telles opérations. En septembre 2024, des frappes israéliennes avaient visé la ville de Masyaf, dans l’ouest de Hama, détruisant un centre de recherches scientifiques, et tuant 18 personnes. Selon Israël, ce centre abritait des infrastructures iraniennes et servait à développer des armes et des missiles pour Téhéran et ses alliés.

La presse israélienne avait aussi confirmé que cette attaque s’était accompagnée d’une opération commando, permettant la saisie de documents de renseignement et la destruction d’installations stratégiques.

Ces événements traduisent une intensification notable de la stratégie israélienne, qui combine désormais frappes aériennes classiques et opérations d’infiltration directe, dans un contexte régional de plus en plus tendu.

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