Des pressions en Grande-Bretagne pour classer le Corps des gardiens de la révolution iranienne comme organisation terroriste

Les pressions s’intensifient sur le Premier ministre britannique Keir Starmer afin de classer le Corps des gardiens de la révolution islamique comme « organisation terroriste », dans le contexte des manifestations en cours en Iran.
En se référant au quotidien britannique The Telegraph, Keir Starmer fait face à des pressions tant au sein du Parti travailliste qu’en dehors de celui-ci pour inscrire le Corps des gardiens sur la liste des organisations terroristes, en raison de son « rôle central dans la répression brutale des manifestations en Iran ».
D’après le journal, plus de 500 personnes ont été confirmées mortes depuis le début des manifestations, bien que le bilan réel soit probablement bien plus élevé.
Des figures influentes du Parti travailliste se sont jointes à des responsables éminents des partis conservateur et réformiste pour appeler le Premier ministre à interdire le Corps des gardiens, en signe de solidarité avec les manifestants.
Jusqu’à présent, le Parti travailliste a résisté aux pressions visant à interdire le Corps des gardiens de la révolution iranienne, estimant qu’une telle décision mettrait de facto fin aux relations diplomatiques avec Téhéran.
L’Iran fait face à la plus grave menace contre son régime depuis 2019, alors que les manifestations entrent dans leur troisième semaine et que l’accès à Internet est coupé dans l’ensemble du pays. Dans ce contexte, le président américain Donald Trump a menacé « d’intervenir » si les forces de sécurité continuaient de tuer des manifestants.
Des manifestations ont éclaté à Londres dimanche, où plus de 1 000 personnes se sont rassemblées à Whitehall pour réclamer la « liberté pour l’Iran » et appeler le gouvernement britannique à interdire le Corps des gardiens de la révolution iranienne.
Les dirigeants travaillistes se mobilisent
Le lord Spellar mène la campagne au sein du Parti travailliste en faveur de la désignation du Corps des gardiens comme « organisation terroriste ». Il a déclaré au Telegraph que « le Corps des gardiens ne se contente pas de terroriser son propre peuple, mais dirige également un réseau terroriste et criminel à l’échelle mondiale ».
Spellar a estimé que le Corps des gardiens « constitue une menace pour notre sécurité ainsi que pour les Iraniens auxquels nous avons accordé notre protection, ce qui a été démontré à plusieurs reprises », ajoutant que « le gouvernement doit désormais abandonner sa position hésitante et l’interdire ».
Le lord Mann, conseiller indépendant du gouvernement sur les questions d’antisémitisme, a également soutenu ces appels, affirmant qu’« il est nécessaire de déclarer que l’ère du Corps des gardiens de la révolution iranienne est révolue ».
Par ailleurs, le lord Cryer, autre membre du Parti travailliste, a déposé une question au sein de la Chambre des lords sur ce dossier, ce qui obligera les ministres à expliquer leur position, selon The Telegraph.
Pressions extérieures au Parti travailliste
De son côté, l’ancien chef du Parti conservateur Ian Duncan Smith a affirmé que le Corps des gardiens constitue « l’outil principal utilisé par le régime iranien pour imposer son contrôle », appelant à son interdiction.
Il a ajouté que « toute affirmation du ministère des Affaires étrangères selon laquelle le fait de ne pas interdire le Corps des gardiens offrirait un levier diplomatique n’est pas étayée par les faits ».
Il a poursuivi en déclarant qu’« il est temps pour le Royaume-Uni de renforcer la protection de ses citoyens sur son territoire, tout en envoyant un message fort et clair à ceux qui aspirent à un avenir meilleur en Iran, en interdisant le Corps des gardiens ».
Le parti Reform UK, actuellement en tête des sondages, a également soutenu l’interdiction du Corps des gardiens de la révolution iranienne. Son dirigeant, Nigel Farage, a estimé que Keir Starmer devait agir en ce sens.
Enfin, Ed Davey, chef du Parti libéral-démocrate, a exhorté le Premier ministre à interdire le Corps des gardiens, une position également défendue par des organisations représentant la communauté irano-britannique.
