Politique

De Natanz à Arak : Les principales installations nucléaires en Iran


Les tensions entre l’Iran et Israël s’intensifient, accentuées par la déclaration du président américain Donald Trump, affirmant que l’absence d’accord avec Téhéran pourrait mener à des frappes.

Trump a déclaré cette semaine que si l’Iran ne parvenait pas à un accord avec les États-Unis sur son programme nucléaire, « il y aurait des bombardements ». Cette menace fait écho à celle d’Israël, allié des États-Unis, qui a déjà envisagé d’attaquer les installations nucléaires iraniennes.

Voici un aperçu des principales installations nucléaires iraniennes.

Où se situent les installations nucléaires iraniennes ?

Le programme nucléaire iranien est réparti sur plusieurs sites. Bien que la menace de frappes aériennes israéliennes plane depuis des décennies, seules quelques installations ont été construites sous terre.

L’Iran possède-t-il un programme d’armement nucléaire ?

Les États-Unis et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) estiment que l’Iran avait un programme secret d’armes nucléaires, coordonné jusqu’en 2003. Téhéran nie avoir jamais possédé ou envisagé un tel programme.

L’Iran a accepté de limiter ses activités nucléaires en échange d’un allègement des sanctions internationales dans le cadre de l’accord de 2015 avec les grandes puissances. Cependant, cet accord a été fragilisé après le retrait des États-Unis en 2018 sous la présidence de Donald Trump, conduisant l’Iran à abandonner ses engagements l’année suivante.

L’Iran accélère-t-il l’enrichissement de l’uranium ?

Depuis lors, l’Iran a intensifié l’enrichissement de l’uranium, réduisant le « temps de percée » – durée nécessaire pour produire suffisamment d’uranium enrichi pour une bombe – de plusieurs années à quelques semaines.

Bien que la fabrication d’une bombe nucléaire prenne plus de temps, cette durée reste incertaine et sujette à débat.

L’Iran enrichit désormais l’uranium jusqu’à 60 % de pureté dans deux sites, se rapprochant du seuil militaire de 90 %. Selon l’AIEA, il dispose potentiellement de suffisamment de matière pour fabriquer jusqu’à quatre bombes s’il poursuivait l’enrichissement.

Natanz

Situé au sud de Téhéran, près de la ville de Qom, le complexe de Natanz est un site clé de l’enrichissement iranien. Il comprend deux installations : une usine de production de combustible souterraine et une installation expérimentale en surface.

En 2002, un groupe d’opposition iranien en exil a révélé l’existence secrète du site de Natanz, déclenchant une crise diplomatique qui perdure.

L’usine souterraine est conçue pour accueillir 50 000 centrifugeuses. Actuellement, elle en contient 14 000, dont 11 000 en fonctionnement, enrichissant l’uranium jusqu’à 5 %.

Des diplomates la décrivent comme enterrée sur trois niveaux. Des débats existent quant à la vulnérabilité du site face à des frappes israéliennes. En avril 2021, une explosion et une coupure de courant, attribuées à Israël, ont endommagé des centrifugeuses.

Dans l’installation en surface, quelques centaines de centrifugeuses permettent un enrichissement allant jusqu’à 60 %.

Fordo

Près de Qom, le site d’enrichissement de Fordo est construit à l’intérieur d’une montagne, lui offrant une meilleure protection contre d’éventuelles frappes aériennes.

L’accord de 2015 interdisait tout enrichissement à Fordo. Aujourd’hui, plus de 1 000 centrifugeuses y sont en activité, dont certaines de type IR-6 avancées, permettant un enrichissement à 60 %.

Récemment, l’Iran a doublé le nombre de centrifugeuses installées à Fordo, exclusivement des modèles IR-6.

En 2009, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France avaient révélé que l’Iran construisait secrètement Fordo depuis des années sans en informer l’AIEA. À l’époque, Barack Obama avait déclaré que « la taille et la configuration de cette installation ne correspondent pas à un programme pacifique ».

Ispahan

L’Iran possède un vaste centre technologique nucléaire à Ispahan, deuxième plus grande ville du pays.

Ce site abrite une usine de production de plaques de combustible et une installation de conversion d’uranium, essentielle à la fabrication de l’hexafluorure d’uranium, utilisé pour alimenter les centrifugeuses.

Ispahan possède aussi des équipements pour la fabrication de métal d’uranium, une étape critique dans le développement d’armes nucléaires. En 2022, l’AIEA a identifié un nouveau site de fabrication de pièces pour centrifugeuses dans cette ville.

Khondab (anciennement Arak)

L’Iran exploite un réacteur à eau lourde à Khondab, anciennement connu sous le nom d’Arak. Les réacteurs à eau lourde sont préoccupants en matière de prolifération, car ils peuvent produire du plutonium, élément clé dans la fabrication d’armes nucléaires.

Dans le cadre de l’accord de 2015, l’Iran a stoppé la construction du réacteur, en a retiré le cœur et l’a rempli de béton pour le rendre inutilisable. Un projet de modification visait à limiter la production de plutonium et à l’empêcher d’être utilisé à des fins militaires.

L’Iran a informé l’AIEA qu’il prévoit de mettre ce réacteur en service en 2026.

Centre de recherche de Téhéran

Ce site comprend plusieurs installations dédiées à la recherche nucléaire, dont un réacteur de recherche.

Bouchehr

La seule centrale nucléaire en activité en Iran, située sur la côte du golfe Persique, utilise du combustible russe, récupéré après usage par Moscou, réduisant ainsi le risque de prolifération nucléaire.

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