De la violence subie au piège du terrorisme : un scénario choquant de recrutement d’enfants
Le recrutement d’enfants au sein des organisations terroristes constitue l’un des crimes les plus graves commis par ces groupes, soulevant de nombreuses interrogations quant à ses causes et à ses mécanismes.
Cette problématique a été abordée lors d’un colloque organisé au Caire, auquel a participé l’Observatoire d’Al-Azhar pour la lutte contre l’extrémisme.
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Quelques jours auparavant, l’Observatoire d’Al-Azhar avait indiqué dans un communiqué que le harcèlement et les agressions contre les enfants figurent parmi les crimes les plus odieux, soulignant que certains enfants peuvent recourir à la violence ou à des comportements agressifs comme mécanisme de défense alternatif, dans une tentative de reprendre le contrôle qui leur a été arraché durant leur enfance.
Il a ajouté que c’est à ce stade que les graines de l’extrémisme peuvent commencer à germer, car lorsque l’agresseur méprise la dignité d’autrui, il ouvre en la victime une brèche par laquelle l’extrémiste s’infiltre pour banaliser le meurtre et la profanation des interdits.
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L’Observatoire a également souligné que l’agresseur et l’extrémiste partagent un mécanisme psychologique dangereux, bien que le degré de violence diffère, à savoir l’anéantissement de la capacité d’empathie, chacun étant privé de toute sensibilité à la souffrance d’autrui.
À la suite de ce communiqué, l’Observatoire a organisé un séminaire consacré à cette question, au cours duquel ont été examinés les mécanismes de protection des enfants contre les agressions et les dangers de l’endoctrinement extrémiste.
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Lors de cette rencontre, la docteure Hajar Qadri, membre de l’unité de surveillance en langue ourdou, a mis en garde contre les risques liés à l’exploitation, par les groupes extrémistes, de la fragilité psychologique des enfants victimes d’agressions.
Elle a expliqué que ces groupes guettent les enfants souffrant d’un sentiment d’insécurité et cherchent à leur faire croire que les rejoindre leur apportera force et compensation, utilisant la religion comme un paravent pour les enrôler dans des actes terroristes qui menacent la paix sociale.
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De son côté, la docteure Mona Mohammed, chercheuse au sein de la même unité, a souligné que la sécurité de la société commence par celle de ses enfants, et a présenté plusieurs approches pour faire face à ces fléaux.
Par ailleurs, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime avait relevé, dans un rapport publié en 2018, le phénomène du recrutement d’enfants par des organisations terroristes, l’attribuant à la facilité avec laquelle les enfants peuvent être intimidés et contrôlés, tant sur le plan physique que psychologique, comparativement aux adultes.
