Complot 2 en Tunisie : de lourdes peines prononcées contre Ghannouchi et des figures éminentes des Frères musulmans
La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près la Cour d’appel de Tunis a prononcé, mardi, de lourdes peines de prison à l’encontre de plusieurs dirigeants des Frères musulmans, dans ce qui est connu sous l’appellation de « l’affaire du complot contre la sûreté de l’État 2 », au premier rang desquels figure le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi.
Dans la nuit de lundi à mardi, la juridiction a rendu des peines allant de trois à trente-cinq ans de prison dans le cadre de cette même affaire.
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Le tribunal a condamné Rached Ghannouchi ainsi que le dirigeant islamiste Kamal Badoui à vingt ans de prison chacun. Il a également condamné l’ancien maire d’Ezzahra, Rayan Hamzaoui, à trois ans d’emprisonnement.
La cour a par ailleurs prononcé des peines de sept ans de prison à l’encontre de l’ancien chef des services de renseignement tunisiens, Mahrez Zouari, et de l’ex-chef de la brigade de sécurité des aéroports, Abdelkrim Abidi. Elle a également condamné l’islamiste Fathi Beldi et l’ancien conseiller spécial du ministre de l’Intérieur, Samir Hennachi, à quinze ans de prison chacun.
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Le tribunal a décidé de placer l’ensemble des condamnés, à l’exception de Rayan Hamzaoui, sous contrôle administratif pour une durée de cinq ans à compter de l’exécution ou de l’expiration de leur peine. La durée du contrôle administratif imposée à Rayan Hamzaoui a été fixée à deux ans.
S’agissant des accusés jugés par contumace, la cour a prononcé des peines de trente-cinq ans de prison ferme. Sont concernés notamment Moaz Ghannouchi, fils de Rached Ghannouchi, Nadia Akacha, Shahrazad Akacha, Kamal Guizani, Lotfi Zitoun, Maher Zaid, Mostafa Kheder, Adel Daadaa, Rafik Abdessalem, gendre de Ghannouchi, ainsi qu’Abdelkader Ben Farhat.
Le tribunal a également ordonné le placement de l’ensemble des condamnés par contumace sous contrôle administratif pour une durée de cinq ans.
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Détails de l’affaire
L’affaire remonte à juin 2023, lorsque le bureau d’instruction relevant du pôle de lutte contre le terrorisme a ouvert une enquête sur ce qui a été qualifié de « nouveau complot des Frères musulmans » visant à infiltrer les institutions de l’État en vue de renverser le président Kaïs Saïed, en coordination avec des éléments sécuritaires et civils, parmi lesquels figure Nadia Akacha.
Selon le ministère tunisien de l’Intérieur, des menaces sérieuses et avérées visant la sécurité du président Saïed ont été identifiées. Ces menaces impliquaient des acteurs opérant à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, avec pour objectif de semer le chaos et de porter atteinte à la stabilité de l’État.
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La liste des mis en cause comprenait également l’ancien chef du gouvernement Youssef Chahed, qui a formé un pourvoi en cassation contre la décision de renvoi. Les jugements rendus ne statuent pas sur sa situation judiciaire, dans l’attente de l’issue du recours.
Ces condamnations constituent un coup dur pour l’organisation des Frères musulmans en Tunisie. Elles confirment la détermination des autorités à démanteler les réseaux accusés de porter atteinte à la sécurité intérieure et à la légitimité de l’État, tout en mettant en lumière l’ampleur de l’infiltration du mouvement au sein des institutions et ses tentatives répétées de revenir au pouvoir par l’entremise d’organes souverains.
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