Etats-Unis

Comment Trump pourrait contrôler la capitale du Groenland en une demi-heure


Alors que l’idée de s’emparer de la capitale du Groenland, Nuuk, à la manière du Venezuela, peut paraître fantaisiste, il existe une voie « plus simple » que le président Donald Trump suit déjà.

Le magazine Politico a présenté quatre étapes, fondées sur des entretiens avec des responsables européens et des experts de premier plan, décrivant la trajectoire par laquelle les États-Unis pourraient prendre le contrôle du Groenland — un processus que l’administration Trump a déjà commencé à mettre en œuvre.

Étape 1 : une campagne d’influence pour renforcer le mouvement d’indépendance du Groenland

Dès son arrivée au pouvoir, l’administration Trump a commencé à parler de l’indépendance du Groenland, un territoire semi-autonome relevant du Royaume du Danemark.

Un Groenland non contraint — en situation d’indépendance — pourrait conclure des accords avec les États-Unis, alors que dans la situation actuelle, l’aval de Copenhague est nécessaire.

Pour accéder à l’indépendance, les Groenlandais devraient voter lors d’un référendum, puis négocier un accord devant être approuvé par Nuuk et Copenhague.

Dans un sondage réalisé en 2025, 56 % des Groenlandais ont déclaré qu’ils voteraient pour l’indépendance, contre 28 % qui s’y opposeraient.

Selon des médias danois, des Américains liés à Trump ont mené des opérations d’influence secrètes au Groenland, tandis que les services danois de sécurité et de renseignement (PET) ont mis en garde contre le fait que le territoire est « la cible de multiples campagnes d’influence ».

Le mois dernier, Trump a créé le poste d’envoyé spécial pour le Groenland et a nommé le gouverneur de Louisiane, Jeff Landry, à ce poste, déclarant que son objectif était de « faire du Groenland une partie des États-Unis ».

Dans le même temps, le vice-président américain J.D. Vance a affirmé, lors d’une visite dans le territoire en mars, que « le peuple groenlandais obtiendra le droit à l’autodétermination », en espérant qu’il choisira un partenariat avec les États-Unis.

Étape 2 : faire une offre attrayante au Groenland

Si les efforts visant à accélérer un référendum d’indépendance aboutissent, et que les habitants votent en faveur de la séparation d’avec le Danemark, l’étape suivante consisterait à placer le territoire sous l’influence américaine.

L’un des moyens évidents serait d’annexer le Groenland en tant que nouvel État américain, une idée évoquée à plusieurs reprises par des proches de Trump, selon Politico.

La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a toutefois déclaré que « les États-Unis n’ont pas le droit d’annexer » le Groenland, après la diffusion d’une carte du territoire recouverte du drapeau américain avec la mention « bientôt ».

Mais le même sondage a montré que 85 % des Groenlandais s’opposent à l’intégration aux États-Unis, y compris parmi certains partisans de l’indépendance proches de Trump.

D’autres options circulent, notamment la signature par le Groenland d’un accord d’association libre (COFA), similaire à ceux conclus par les États-Unis avec la Micronésie, les Îles Marshall et Palaos.

Ces accords prévoient que Washington assure services, protection et libre-échange en échange d’un accès militaire quasi illimité.

Étape 3 : obtenir l’adhésion de l’Europe

Selon Politico, l’Europe — en particulier les alliés du Danemark au sein de l’UE — s’opposerait à toute tentative de détacher le Groenland de Copenhague. Mais Washington dispose d’un atout : l’Ukraine.

Alors que les négociations de paix s’accélèrent, Kiev affirme que tout accord avec Vladimir Poutine doit s’appuyer sur de solides garanties de sécurité américaines.

Un scénario évoqué par un diplomate européen serait un « échange global sécurité contre sécurité » : l’Europe obtiendrait de plus fortes garanties pour l’Ukraine, en contrepartie d’un rôle accru des États-Unis au Groenland.

Étape 4 : l’option militaire

Et si le Groenland ou le Danemark refusait ?

Dans ce cas, l’appropriation militaire américaine pourrait, selon Politico, être réalisée sans grande difficulté.

Thomas Krosby, du Collège royal de défense du Danemark, estime que les stratèges de Trump lui présentent plusieurs options, dont une approche de fait accompli : déployer des forces, occuper le territoire et déclarer qu’il est devenu américain.

Selon l’expert Lin Mortensgaard, l’US Army dispose déjà d’environ 500 militaires et contractants sur la base de Pituffik, près de Nuuk, tandis que les capacités de défense groenlandaises restent limitées.

Ainsi, si Trump renforçait la présence américaine ou envoyait des forces spéciales, les États-Unis pourraient, selon lui, s’emparer de Nuuk « en une demi-heure ou moins ».

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