Golfe Persique

Aucun signe d’apaisement dans la crise politique en Irak


Le nombre de députés qui boycottent la séance d’élection du président de la République dépasse 130, ce qui empêche l’atteinte du quorum.

Le Conseil des représentants irakien fait face à une épreuve constitutionnelle décisive lors de sa séance prévue ce samedi pour élire le président de la République, dans un contexte marqué par de forts indices laissant présager une impasse et l’échec de la tenue de la séance en raison d’une profonde division des positions politiques. Cette situation reflète l’ampleur de la crise persistante autour de la désignation du Premier ministre et de la formation du nouveau gouvernement, dans un scénario qui rappelle les blocages institutionnels qui ont frappé le pays depuis les élections de 2025.

Dans une ultime tentative pour sauver la séance, le président du Conseil des représentants, Haibat Al-Halbousi, a appelé les blocs parlementaires à être présents et à respecter les échéances constitutionnelles, menaçant de prendre des mesures strictes, notamment la divulgation des noms des députés absents et des parties responsables de l’entrave, devant l’opinion publique, dans une démarche visant à faire pression sur les hésitants afin d’atteindre le quorum légal.

Le Parti démocratique du Kurdistan et la coalition État de droit ont annoncé leur boycott en protestation contre ce qu’ils ont qualifié de « violation du principe de partenariat » et l’absence d’ententes préalables. De son côté, l’Alliance Al-Azm a également confirmé son refus de participer à la séance, conditionnant sa présence à l’existence d’un consensus solide au sein du « Cadre de coordination » concernant le poste de Premier ministre.

Selon des données parlementaires obtenues par l’agence Shafaq News, le langage des chiffres apparaît sévère face aux ambitions de tenir la séance : le nombre de boycotteurs devrait dépasser 130 députés, tandis que le nombre de présences confirmées ne dépasse pas 150 députés.

L’élection du président requiert la présence des deux tiers des membres du Parlement, soit 220 députés sur un total de 329, ce qui signifie un déficit estimé à environ 70 députés empêchant la réalisation du quorum.

Les loyautés sous la coupole parlementaire se répartissent entre deux camps clairs lors de cette séance : le front de la présence (partisans de la tenue de la séance) et le front du boycott (partisans d’un consensus préalable).

La crise ne concerne pas uniquement le poste de président de la République, mais également ce qui s’ensuivra. La Constitution irakienne oblige le président élu à charger le candidat du bloc le plus important de former le gouvernement dans un délai de 15 jours. C’est là que réside le cœur du conflit, car le candidat du Cadre de coordination, Nouri Al-Maliki, fait face à de larges objections, tant internes, de la part de composantes du cadre lui-même, qu’externes, à travers un « veto » américain explicite ayant menacé de suspendre l’aide en cas de son accession au poste.

Les deux partis kurdes (le démocratique et l’unioniste) ont échoué à s’accorder sur un candidat unique, le Parti démocratique soutenant Fouad Hussein tandis que l’Union s’accroche à Nizar Amidi, transformant ainsi la fonction présidentielle en « lot de consolation » dans une lutte d’influence plus vaste.

Les sources confirment que l’obstacle ne se situe pas uniquement au Palais de la Paix, mais dans « l’accord global ». Le différend se concentre sur l’identité du candidat au poste de Premier ministre, ce qui a fait de l’élection du président un otage de ce dossier.

L’Irak entre dans une zone de danger constitutionnel en dépassant les délais fixés d’environ 70 jours, tandis que le compteur a atteint 148 jours sans gouvernement pleinement constitué depuis les élections. Ce retard a poussé les grandes forces politiques à rechercher des « initiatives de compromis » fondées sur la proposition d’un candidat de compromis au poste de Premier ministre et d’un candidat consensuel à la présidence.

Le report de la séance prévue ce samedi semble désormais « quasiment acquis », laissant le sort des présidences suspendu dans l’attente d’une « fumée blanche » émanant des salles de dialogue politique fermées, loin du tumulte de l’hémicycle parlementaire qui pourrait rester vide aujourd’hui.

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