Moyen-Orient

L’armée israélienne étend son contrôle dans l’est de la ville de Gaza


Des dizaines de familles palestiniennes ont fui vers l’ouest de la ville après que leurs habitations se sont retrouvées à l’intérieur du nouveau périmètre de la « ligne jaune ».

À l’aube de dimanche, l’armée israélienne a étendu les zones qu’elle occupe dans l’est de la ville de Gaza et blessé deux Palestiniens, dont une femme enceinte. Cette nouvelle violation de l’accord de cessez-le-feu en vigueur dans l’enclave depuis le 10 octobre 2025 a contraint des dizaines de familles à quitter leurs logements, ravivant leurs souffrances un an après l’entrée en application de l’accord.

Depuis environ une semaine, les secteurs orientaux de la bande de Gaza, notamment l’est des quartiers d’Al-Tuffah et de Shujaiya, connaissent des démolitions nocturnes à l’explosif, des tirs et d’intenses bombardements d’artillerie, accompagnés de mouvements de véhicules militaires le long de la « ligne jaune ».

Cette ligne sépare les zones occupées par l’armée israélienne à l’est de celles où les Palestiniens sont autorisés à se trouver à l’ouest.

Selon des sources palestiniennes locales, des véhicules militaires israéliens ont avancé de plusieurs dizaines de mètres au-delà des zones sous leur contrôle dans le quartier de Shujaiya, dans la nuit de samedi à dimanche, sous couvert de tirs et de bombardements d’artillerie intenses.

Ces sources ont ajouté que les forces étaient accompagnées de « milices palestiniennes armées collaborant avec l’armée et soutenues par elle », avec une couverture assurée par des drones quadricoptères. Elles ont précisé que l’armée avait ouvert un feu nourri sur la zone allant du marché aux légumes, à l’est, jusqu’au carrefour de Shujaiya sur la rue Salah al-Din, à l’ouest.

Les tirs israéliens ont touché des habitations déjà endommagées par la guerre génocidaire, ainsi que des tentes de personnes déplacées.

Selon des sources médicales, deux Palestiniens, dont une femme enceinte, ont été modérément blessés par les tirs et transportés à l’hôpital Al-Ahli, également appelé hôpital baptiste. Des sources locales ont indiqué que l’armée israélienne avait procédé, durant la nuit, à deux opérations de démolition à l’explosif visant des bâtiments et des maisons dans les environs, provoquant de puissantes détonations avant son retrait.

À l’aube, les habitants palestiniens de Shujaiya ont découvert que les blocs de béton délimitant la « ligne jaune » avaient été déplacés vers l’ouest et installés devant leurs maisons. Ce déplacement indique une nouvelle extension du contrôle israélien dans l’est de la ville de Gaza.

Un habitant a raconté avoir vécu une « nuit terrifiante et angoissante », marquée par les explosions et les tirs nourris de l’armée israélienne et de ses véhicules, avant de se retrouver, au matin, entouré de blocs de béton.

Cette évolution a provoqué le déplacement de dizaines de familles vers les secteurs occidentaux de la ville, leurs logements se trouvant désormais à l’intérieur du nouveau périmètre sous contrôle israélien.

Malgré le retrait des véhicules après l’incursion, l’installation des blocs de béton indique que la zone a été intégrée au périmètre contrôlé par l’armée, laissant ses habitants exposés au danger.

Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, la « ligne jaune » est passée d’une ligne de retrait temporaire à une limite sur le terrain que l’armée israélienne repousse progressivement vers l’ouest.

Cette évolution intervient alors que les négociations sur le passage à la deuxième phase du plan de paix du président américain Donald Trump, sur lequel repose l’accord, restent bloquées. Israël a également annoncé son rejet du plan présenté en août dernier par le « Conseil de la paix ».

Au début de l’application de l’accord, Israël avait annoncé le retrait de ses forces derrière la « ligne jaune », maintenant ainsi environ 53 % de la superficie de l’enclave sous occupation. En un an, il a ensuite étendu son contrôle à 63 % du territoire.

Le 30 septembre dernier, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré à la télévision que son gouvernement ne restituerait pas aux Palestiniens les zones occupées par son armée pendant la guerre génocidaire.

Le 2 octobre, un site lié à l’armée israélienne a également cité le commandant de la division de Gaza, Liron Batito, affirmant que l’armée contrôlait 63 % de l’enclave et avait établi 40 nouveaux postes militaires. Selon lui, cette situation lui confère une « liberté d’action sur le terrain ».

Depuis le début de la guerre israélienne contre la bande de Gaza en octobre 2023, plus de 74 000 Palestiniens ont été tués et plus de 175 000 blessés. Les destructions ont également touché environ 90 % des infrastructures.

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page