Révocation ou retraite ?… Le chef d’état-major de l’armée américaine quitte ses fonctions en pleine guerre contre l’Iran
Dans une démarche inattendue, le Pentagone a annoncé la retraite du chef d’état-major de l’armée américaine ainsi que celle de plusieurs généraux de haut rang, au moment même où les opérations militaires contre l’Iran s’intensifient.
Alors que le Pentagone a évoqué la « retraite » du chef d’état-major, le général Randy George, la chaîne d’information américaine CNN a rapporté, citant un responsable du Pentagone, que le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait « relevé de ses fonctions » le chef d’état-major de l’armée.
Il aurait également « relevé » deux autres généraux jeudi : le chef des aumôniers, le major-général William Green Jr., ainsi que le commandant du Commandement de la transformation et de l’entraînement de l’armée, le général David Hodne.
Des décisions après le discours de Trump
La décision de Hegseth intervient un jour après l’allocution du président Donald Trump à la nation au sujet de la guerre contre l’Iran.
Dans son discours, Trump a indiqué que les États-Unis intensifieraient leurs frappes contre l’Iran, alors qu’il avait auparavant laissé entendre la possibilité de mettre fin à la guerre dans un délai de deux à trois semaines.
Révocation ou retraite ?
Le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, a confirmé le départ de George jeudi, précisant qu’il prendrait sa retraite de ses fonctions, sans employer le terme de révocation.
Parnell a écrit sur la plateforme X : « Le général Randy A. George se retirera de ses fonctions en tant que 41e chef d’état-major de l’armée à compter d’aujourd’hui. Le département de la Guerre lui exprime sa gratitude pour ses décennies de service envers notre pays. »
Un choc au sein de l’institution militaire
Par ailleurs, un responsable américain a indiqué à CNN que le haut commandement de l’armée avait été « surpris par l’annonce soudaine de jeudi », apprenant la révocation de George et des autres au moment de sa publication officielle.
Un second responsable américain a affirmé que George avait appris la décision lors d’un appel téléphonique de Hegseth la veille, alors qu’il se trouvait en réunion.
Il est rapporté que leurs relations avaient parfois été tendues.
Des responsables estiment que la manière soudaine et publique de cette révocation n’a laissé aucune place à une contestation de la décision, malgré sa sensibilité dans le contexte de la guerre en cours, d’autant plus que l’armée joue un rôle central dans le déploiement des forces et la fourniture des systèmes de défense aérienne et antimissile.
En tant que chef d’état-major, George conseillait et orientait le président du Comité des chefs d’état-major interarmées, le général Dan Caine, ainsi que Hegseth.
Un responsable américain a jugé que la décision « ne semble pas avoir été mûrement réfléchie ».
Qui est Randy George ?
George est un officier d’infanterie chevronné, diplômé de l’Académie militaire de West Point en 1988.
Il occupait le poste de chef d’état-major depuis septembre 2023.
Il a auparavant exercé des fonctions de commandement importantes, notamment à la tête du Ier Corps, et a servi comme assistant militaire du secrétaire à la Défense Lloyd Austin sous l’administration du président Joe Biden.
Bien que le poste d’assistant militaire principal du secrétaire à la Défense soit généralement considéré comme apolitique et confié aux meilleurs officiers, la proximité de George avec Austin a été perçue comme un point faible aux yeux de Hegseth et de son entourage proche.
Un successeur potentiel pour George
Les spéculations suggèrent que le général Chris LaNeve, actuellement vice-chef d’état-major, pourrait assurer l’intérim.
LaNeve a servi en Corée du Sud et a commandé la 82e division aéroportée. Il avait également attiré l’attention de Trump auparavant par une intervention vidéo dans laquelle il le félicite après sa victoire à l’élection présidentielle.
