Grand Maghreb

Haftar lance un plan de développement de l’armée dans un contexte de défis sécuritaires


Khalifa Haftar présente la Vision 2030 pour le développement des forces armées comme un projet stratégique de reconstruction et de refondation sur des bases modernes et solides.

Le maréchal Khalifa Haftar, commandant en chef de l’Armée nationale libyenne, a lancé le plan « Vision 2030 » pour le développement des forces armées, dans une initiative qu’il a décrite comme ouvrant une nouvelle phase d’action militaire structurée et posant les fondations d’une institution militaire moderne capable de s’adapter aux évolutions internes et régionales, sans toutefois dévoiler de détails précis quant à sa mise en œuvre ni de calendrier défini.

L’annonce a été faite lors d’une cérémonie officielle en présence du vice-commandant en chef, le lieutenant-général Saddam Haftar, ainsi que du secrétaire général du commandement général, des chefs d’état-major et de plusieurs hauts officiers. À cette occasion, le document a été remis officiellement au vice-commandant en chef, signalant le passage de la phase conceptuelle au lancement des procédures pratiques liées à l’exécution du plan.

Selon un communiqué publié par le bureau des médias du commandement général sur sa page Facebook, « la Vision 2030 pour le développement des forces armées libyennes constitue une trajectoire stratégique globale conduisant la transformation militaire », la qualifiant d’« accomplissement majeur dans la construction de l’institution militaire ». Le communiqué précise qu’il ne s’agit « pas d’un simple plan chronologique, mais d’un projet stratégique de reconstruction et de refondation sur des bases modernes et solides ».

Le bureau des médias a souligné que « le lancement de la vision reflète le passage de l’institution militaire à une nouvelle phase de professionnalisme et de préparation, fondée sur la planification stratégique et le travail institutionnel reposant sur une vision claire et des objectifs définis ». Citant Haftar, le communiqué indique que « la Vision 2030 n’est pas une étape finale, mais le début d’une phase plus ambitieuse, visant à porter les forces au plus haut niveau de préparation et à les rendre capables de faire face aux défis ».

Les discours de Haftar mettent en avant une conception selon laquelle l’institution militaire constitue le pilier fondamental de la préservation de la sécurité nationale et du maintien de la cohésion de l’État, dans un environnement intérieur instable et un contexte régional particulièrement complexe. Dans cette perspective, l’armée n’est pas seulement perçue comme un appareil sécuritaire traditionnel, mais comme une institution fédératrice censée dépasser les divisions politiques et représenter le cadre organisé de la force légitime.

Son rôle est présenté comme déterminant dans la lutte contre les organisations extrémistes et les groupes armés échappant à l’autorité de l’État, ainsi que dans la protection des frontières et la prévention de l’expansion du chaos. Dans le même cadre, l’ouverture à la coopération militaire extérieure s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer l’efficacité des forces armées et à développer leurs capacités en matière de formation et de logistique.

La période récente a été marquée par une coordination accrue avec des acteurs régionaux, notamment l’Égypte, où des réunions de haut niveau ont porté sur l’échange d’expertises et le renforcement de la coordination sécuritaire conjointe, dans le contexte de préoccupations liées à la sécurité des frontières et aux intérêts communs. Cette coopération traduit la volonté de tirer parti des expériences militaires régionales et de reconstruire une structure institutionnelle plus disciplinée et professionnelle, contribuant, selon le commandement général, à consolider la stabilité et à créer les conditions propices à l’édification d’institutions étatiques plus cohérentes.

S’agissant de la situation intérieure, les efforts de reconstruction de l’institution militaire s’inscrivent dans le contexte de division politique que connaît le pays depuis 2011. Le pouvoir exécutif est partagé entre un gouvernement basé à Tripoli, dans l’ouest du pays, reconnu par la communauté internationale, et une autorité parallèle dans l’est, soutenue par la Chambre des représentants et appuyée par les forces de l’Armée nationale libyenne dirigée par Haftar.

Dans ce cadre, le projet d’unification de l’institution militaire est présenté comme une étape préalable à la réunification de l’État, par l’intégration des différentes formations au sein d’une structure de commandement unifiée placée sous une autorité centrale. Le commandant de l’armée accorde également une importance particulière à la dimension sociale du processus de stabilisation, misant sur le rôle des tribus en tant que composante historique influente du tissu libyen, capable de contribuer à l’apaisement des tensions et à la promotion de la réconciliation.

À travers des rencontres répétées avec des chefs tribaux et des notables, il est réaffirmé que toute solution durable doit partir des spécificités de la société libyenne et de ses valeurs, et s’appuyer sur des consensus internes précédant ou accompagnant les processus politiques officiels, afin de créer une base plus solide pour la reconstruction des institutions de l’État.

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