Politique

Les États-Unis quittent la Syrie… et les craintes d’un retour du cauchemar 


Des responsables américains ont déclaré que les États-Unis s’apprêtaient à retirer l’ensemble de leurs forces de Syrie, soit environ un millier de soldats, mettant ainsi fin à une présence militaire de dix ans consacrée à la lutte contre l’organisation État islamique (Daech).

Selon ce qu’a rapporté le journal The Wall Street Journal, cité par des responsables américains informés, la décision inclut des retraits déjà achevés de positions stratégiques dans le nord-est de la Syrie ainsi que dans les zones frontalières entre la Syrie, la Jordanie et l’Irak, marquant un nouveau chapitre dans la guerre contre l’organisation État islamique, qui se poursuit encore aujourd’hui.

Calendrier

Les responsables ont indiqué que les troupes se retireraient des derniers sites américains au cours des deux prochains mois, un calendrier que certains analystes estiment susceptible d’exposer le Moyen-Orient à un retour de l’organisation terroriste État islamique.

Un responsable américain a précisé que le retrait serait « conditionné à l’évolution de la situation », laissant entendre que la décision pourrait être réexaminée si l’organisation regagnait en puissance.

Le journal souligne que le retrait des forces américaines transfère une responsabilité accrue au nouveau gouvernement syrien pour poursuivre la lutte contre l’État islamique.

Certains responsables américains ont affirmé que l’administration du président Donald Trump avait conclu que la présence militaire américaine en Syrie « n’était plus nécessaire », en raison du démantèlement quasi complet des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes et principal partenaire de Washington dans la lutte contre l’État islamique au cours de la dernière décennie, selon le quotidien.

Les forces du président syrien Ahmad al-Chareh ont repris, le mois dernier, la majeure partie des territoires auparavant contrôlés par les Kurdes lors d’une offensive éclair.

Damas et les FDS ont conclu un cessez-le-feu fragile sous médiation américaine en janvier, et les forces kurdes ont accepté de s’intégrer dans l’armée syrienne.

Inquiétudes

Le journal indique que certains responsables américains et étrangers craignent qu’un affaiblissement de la présence militaire américaine en Syrie ne facilite une violation par Damas du cessez-le-feu conclu avec les FDS, ouvrant ainsi la voie à une résurgence de l’État islamique.

Un haut responsable de l’administration américaine a affirmé que les forces américaines resteraient en mesure de répondre à toute menace liée à l’État islamique dans la région.

D’autres estiment que le nombre réduit de soldats américains restants constitue davantage un signal politique de soutien aux Kurdes et au nouveau gouvernement syrien qu’une force efficace de lutte antiterroriste.

The Wall Street Journal avait été le premier à révéler en janvier que les États-Unis envisageaient un retrait complet de Syrie.

La semaine dernière, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a rencontré son homologue syrien, Assaad al-Chaibani, avec pour objectif principal de « mobiliser le soutien de Damas dans la lutte contre des groupes terroristes tels que l’État islamique et de préserver le cessez-le-feu avec les Forces démocratiques syriennes ».

Raisons du retrait

Parmi les autres motifs du retrait, le journal évoque « les préoccupations des États-Unis quant à une coopération étroite avec l’armée syrienne, qui compte un nombre important de sympathisants djihadistes, y compris des soldats liés à Al-Qaïda et à l’État islamique, ainsi que d’autres impliqués dans des crimes de guerre contre les minorités kurde et druze ».

Le quotidien mentionne à cet égard « la mort de trois Américains, dont deux soldats et un interprète civil, en décembre dernier, tués par un membre des forces de sécurité syriennes qui devait être renvoyé pour ses opinions extrémistes ».

Les États-Unis avaient lancé leurs premières opérations militaires contre l’État islamique en 2014, lorsque l’organisation avait pris le contrôle de vastes territoires en Syrie et en Irak.

Les forces américaines s’y sont déployées en 2015 afin de conseiller les forces locales, une mission qui s’est poursuivie jusqu’à présent.

Le gouvernement syrien à Damas a affirmé son engagement à lutter contre l’État islamique.

Qu’en est-il de l’Iran ?

Les mêmes sources ont précisé que ce retrait n’avait aucun lien avec le déploiement naval et aérien américain actuel au Moyen-Orient, effectué en prévision d’éventuelles frappes contre l’Iran en cas d’échec des négociations sur son programme nucléaire.

L’Iran a menacé de riposter contre les forces américaines dans la région si les États-Unis lançaient des frappes aériennes.

Les États-Unis ont massé une force importante au large des côtes iraniennes, comprenant un groupe aéronaval, des avions de combat avancés et d’autres navires de guerre. Un second porte-avions, l’USS Gerald R. Ford, est en route vers la région.

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