Politique

Des sources israéliennes excluent un accord entre Washington et Téhéran à Genève


Des sources israéliennes décrivent l’atmosphère à Genève comme plus lourde que jamais, soulignant que Washington évoque un délai de « semaines et non de mois » pour parvenir à un accord, tandis que Téhéran refuse d’abandonner l’enrichissement de l’uranium.

Des milieux israéliens écartent la possibilité que les parties parviennent à un accord lors du nouveau cycle de pourparlers américano-iraniens entamé aujourd’hui à Genève, en Suisse, estimant que les informations circulant à ce sujet ne reflètent pas la réalité.

La société israélienne de radiodiffusion publique a cité des sources israéliennes non identifiées affirmant que « cette session est décisive pour la décision des Américains de poursuivre les négociations ou d’attaquer l’Iran », ajoutant que « la probabilité d’un accord est irréaliste ».

Elles ont rappelé qu’au début du mois, un premier cycle de discussions entre l’Iran et les États-Unis s’était tenu au Sultanat d’Oman et que, selon des sources informées des détails des échanges, « aucune des deux parties ne s’est réellement écartée de sa position initiale ».

De son côté, le site d’information israélien Walla a indiqué mardi que « cette fois-ci, l’atmosphère est plus pesante que jamais, Washington évoquant une fenêtre de “semaines et non de mois”, tandis que Téhéran insiste pour ne pas renoncer à l’enrichissement de l’uranium ».

Le site a ajouté que « les États-Unis ont déjà déployé des porte-avions supplémentaires au Moyen-Orient et se préparent également à l’éventualité d’une campagne militaire prolongée si les discussions n’aboutissent pas ».

Il a également rapporté que le Premier ministre Benyamin Netanyahou a déclaré que tout accord devait inclure un démantèlement complet de l’infrastructure iranienne d’enrichissement, et non une simple suspension temporaire.

Ainsi, avant l’ouverture du deuxième cycle à Genève, les divergences apparaissent profondes : l’Iran exige un allègement des sanctions tout en maintenant l’enrichissement, tandis que les États-Unis et Israël réclament le démantèlement des infrastructures, ainsi qu’un traitement des questions liées aux missiles et au « terrorisme ». S’y ajoute le sentiment d’une course contre la montre, avec la crainte qu’en cas d’échec des pourparlers, la phase suivante soit plus dangereuse.

Entre le 10 et le 12 février, Netanyahou s’est rendu à Washington, où il a rencontré pour la septième fois le président américain Donald Trump, abordant plusieurs dossiers, en tête desquels le nucléaire iranien.

Auparavant, le 6 février, la capitale omanaise Mascate avait accueilli un nouveau cycle de négociations nucléaires entre Téhéran et Washington, après leur interruption consécutive aux frappes menées par Israël et les États-Unis contre l’Iran en juin 2025.

Téhéran estime que Washington et Israël invoquent des prétextes pour intervenir et provoquer un changement de régime, et menace de riposter à toute attaque militaire, même limitée. L’Iran exige la levée des sanctions économiques occidentales en échange d’une limitation de son programme nucléaire.

En revanche, les États-Unis demandent à l’Iran de mettre fin complètement à ses activités d’enrichissement de l’uranium et de transférer à l’étranger son uranium hautement enrichi.

L’administration américaine a également cherché à inscrire le programme balistique iranien et son soutien aux groupes armés dans la région à l’ordre du jour des négociations, mais Téhéran a réaffirmé à plusieurs reprises qu’il ne négocierait sur aucun autre dossier que son programme nucléaire.

Depuis janvier dernier, Israël a relevé son niveau d’alerte en prévision d’une éventuelle attaque iranienne si les États-Unis venaient à frapper l’Iran.

Israël insiste pour que tout accord inclue l’arrêt du programme nucléaire iranien, la fin du programme balistique et l’arrêt du soutien aux alliés régionaux de l’Iran, ce que le gouvernement iranien rejette fermement, appelant Donald Trump à ne pas céder aux exigences israéliennes.

Israël redoute que le président américain ne se contente d’un accord limité au seul dossier nucléaire, sans inclure le programme balistique iranien.

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