La démarche la plus dangereuse depuis la guerre de 1967 : Israël redéfinit les limites de Jérusalem
Un projet d’aménagement urbain révèle ce qui est décrit comme une stratégie israélienne controversée à l’égard de Jérusalem, dans une initiative susceptible d’attiser les tensions dans les territoires palestiniens.
Selon des informations rapportées par le quotidien Yedioth Ahronoth, le gouvernement israélien a franchi une nouvelle étape vers l’extension de sa souveraineté de facto sur Jérusalem.
Cette initiative consiste à promouvoir un vaste plan de construction dans la colonie d’Adam, située dans la région de Binyamin.
Le journal indique que « le gouvernement israélien a poursuivi ces dernières années ses démarches visant à imposer sa souveraineté sur Jérusalem, en estompant les frontières de la Ligne verte ».
Bien que le projet soit officiellement présenté comme une extension de la colonie, il impliquerait en pratique un élargissement des limites de Jérusalem et l’annexion d’une nouvelle zone à son périmètre municipal pour la première fois depuis la guerre de 1967.
D’après Yedioth Ahronoth, le plan prévoit la construction de centaines d’unités de logement sur un terrain relativement éloigné de la colonie d’Adam, sans accès direct existant depuis celle-ci, malgré des discussions antérieures concernant la construction d’un pont de liaison.
La mise en œuvre du projet créerait cependant une continuité géographique avec Jérusalem et étendrait de facto le périmètre du quartier de Neve Yaakov, les nouveaux logements étant destinés à la communauté haredi.
La route d’accès prévue partirait de l’intérieur du quartier de Neve Yaakov et y reviendrait, ce qui signifierait que la zone serait administrée de facto comme partie intégrante de la municipalité de Jérusalem, une situation inédite depuis 1967, selon la source.
Accélération des procédures
L’avancement du projet s’est accéléré après les réformes importantes introduites par le ministre des Finances Bezalel Smotrich au sein de l’administration civile israélienne, notamment la création d’une nouvelle « administration des implantations ».
Selon le rapport, les procédures d’approbation suivent désormais un circuit accéléré, ce qui pourrait permettre la réalisation du projet en quelques années seulement, au lieu des longues périodes d’attente observées par le passé.
Ce projet s’inscrit dans une série de décisions gouvernementales concernant la Cisjordanie, parmi lesquelles la reprise de l’enregistrement des terres au nom de l’État pour la première fois depuis 1967, une mesure largement critiquée par des pays arabes et occidentaux qui y voient une « annexion de facto ».
Critiques et mises en garde
Le mouvement israélien La Paix Maintenant a vivement critiqué cette initiative. Il a déclaré que « pour la première fois depuis 1967, sous prétexte de créer une nouvelle colonie, le gouvernement procède à une annexion par la porte dérobée ».
Selon le mouvement, la nouvelle zone fonctionnerait en pratique comme un « quartier rattaché à Jérusalem », tandis que sa présentation comme extension de la colonie d’Adam ne constituerait qu’un « écran destiné à dissimuler l’imposition de la souveraineté israélienne sur des zones de Cisjordanie ».
Le député Gilad Kariv, du Parti démocratique, a adressé une question urgente au ministre du Logement Haim Katz, demandant s’il existait une intention d’annexer la zone concernée à Jérusalem et si les résidents du futur quartier, officiellement classé comme partie d’Adam, bénéficieraient des services de la municipalité de Jérusalem.
Kariv a estimé que « cette initiative risque d’exacerber les tensions entre Israéliens et Palestiniens et de provoquer des frictions inutiles ».
Il a ajouté que ces plans « ne sont pas conformes aux engagements internationaux d’Israël, y compris ses engagements envers le président américain Donald Trump, et reflètent la capitulation totale de Netanyahou face à ses partenaires les plus extrémistes ».
