Coups d’État, crises et chemin vers la paix : le président angolais désamorce les mines de l’Afrique
Le président angolais João Lourenço dessine une voie vers la paix en Afrique, s’attachant à désamorcer les crises en cours, du Soudan à l’est de la République démocratique du Congo.
Il s’est exprimé samedi lors de la 39e session ordinaire du sommet de l’Union africaine, organisée à Addis-Abeba, capitale de l’Éthiopie, en sa qualité de président sortant de l’organisation continentale.
Les travaux du sommet se tiennent avec une large participation de chefs d’État et de gouvernement, dans un contexte régional et international particulièrement complexe, où les défis sécuritaires se conjuguent aux impératifs de développement et aux contraintes liées au financement de projets stratégiques.
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Avertissement et feuille de route
Dans son discours d’ouverture, João Lourenço a mis en garde contre la recrudescence des conflits, des crises et des coups d’État sur le continent. Il a exprimé les réserves de son pays quant à la manière dont l’Union africaine traite les États ayant connu des putschs militaires, puis réintégrés après l’organisation d’élections supervisées par les auteurs mêmes des coups d’État.
Selon lui, « cette approche comporte le risque de saper la paix et la sécurité continentales, car elle peut encourager des changements de régime par des moyens anticonstitutionnels, dans la perspective d’un retour rapide aux institutions de l’Union africaine à travers des élections dépourvues de véritable consensus national ».
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Le président angolais a également évoqué la situation au Soudan, qualifiant la crise humanitaire de « catastrophe nécessitant une réponse internationale urgente », face aux millions de civils déplacés et aux graves violations dont ils sont victimes.
Il a appelé à un cessez-le-feu immédiat et à la protection des civils, soulignant la nécessité d’une mobilisation conjointe des efforts régionaux et internationaux pour mettre fin au conflit.
João Lourenço a insisté sur l’urgence de « faire taire les armes » en Afrique et de mettre en place des solutions efficaces, s’engageant à poursuivre ses efforts pour résoudre les conflits complexes qui ont ravagé le Soudan et la République démocratique du Congo.
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Depuis 2021, ce pays est confronté à la rébellion du mouvement M23, qui a pris le contrôle de plusieurs grandes villes des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans un conflit persistant malgré les initiatives régionales et internationales.
Dans son allocution, João Lourenço a également annoncé la proposition de son pays d’organiser un sommet présidentiel africain extraordinaire consacré aux conflits et aux crises sécuritaires qui épuisent le continent.
L’objectif, a-t-il précisé, est d’élaborer des solutions concrètes pour mettre fin au cycle de violence qui entrave le développement de l’Afrique, en soulignant que cette initiative requiert un soutien collectif des dirigeants africains.
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Au cœur des défis
Le sommet examine un ensemble de défis sécuritaires, politiques et économiques auxquels le continent est confronté.
L’édition de cette année se tient sous le thème « Garantir un accès durable à l’eau et à des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 », signalant le passage de la question de l’eau d’un cadre strictement sectoriel à une dimension stratégique relevant de la sécurité continentale, en tant que pilier de la stabilité, du développement et de l’intégration.
Le sommet intervient à un moment charnière pour l’Afrique, marquée par la persistance des conflits armés et des coups d’État, parallèlement aux crises de la dette et au ralentissement des flux de financement international. Cette conjoncture impose aux dirigeants africains de redéfinir les priorités de l’action continentale et de renforcer les mécanismes de coordination collective face aux risques multiples menaçant la stabilité et la croissance.
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Le Burundi prend la présidence
Le président burundais Évariste Ndayishimiye a pris la présidence en exercice de l’Union africaine pour l’année 2026, succédant à João Lourenço.
Dans son discours d’investiture, il a appelé à renforcer l’unité africaine afin de restaurer la dignité et la cohésion du continent.
Il s’est engagé à faire preuve de neutralité face aux enjeux continentaux, déclarant que « les nombreuses crises sécuritaires, dans un contexte géopolitique marqué par de multiples défis, exigent le respect du dialogue et du droit international ».
Il a promis d’œuvrer pour la paix, la sécurité, la stabilité et le développement en Afrique, affirmant son engagement à résoudre les conflits, à restaurer la paix et à déployer tous les efforts nécessaires pour concrétiser l’initiative visant à faire taire les armes.
