Plus petites et plus lourdement armées : la Russie défie les porte-avions avec les frégates Gorchkov
La Russie a déclaré que ses frégates modernes de la classe « Amiral Gorchkov » (projet 22350) constituent une alternative opérationnelle aux porte-avions, voire des plateformes capables de menacer les imposants groupes aéronavals américains à propulsion nucléaire.
Cette approche s’inscrit dans une évolution marquée de la doctrine navale russe, qui ne mise plus sur les bâtiments de grande taille, mais sur des navires de surface plus compacts et hautement spécialisés dans les missions de dissuasion et de déni d’accès maritime.
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Les frégates du projet 22350 sont considérées comme les seuls navires de guerre océaniques produits par la Russie depuis l’effondrement de l’Union soviétique, selon le magazine National Interest.
D’après des responsables russes, ces frégates représentent de véritables « forces de destruction navale » susceptibles d’être déployées pour traquer les porte-avions adverses, alors même que la marine russe ne montre aucune intention d’exploiter un nouveau porte-avions dans un avenir prévisible. Cette orientation s’accompagne d’indications croissantes laissant envisager le retrait définitif du seul porte-avions russe, l’Amiral Kouznetsov.
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Dans une déclaration à l’agence russe TASS en août 2025, Alexandre Stepanov, chercheur à l’Institut du droit et de la sécurité nationale relevant de l’Académie présidentielle russe d’économie nationale et d’administration publique, a affirmé que les frégates du projet 22350 « embarquent des armements de missiles de haute précision, non seulement des missiles de croisière Kalibr, mais aussi des missiles hypersoniques Zircon ». Il a ajouté que « la frégate constitue un destroyer maritime polyvalent, capable de détecter et de suivre des sous-marins nucléaires ennemis à des distances sûres ».
Les missions principales de ces frégates sont axées sur les opérations de déni d’accès et d’interdiction de zone. Elles ont été conçues comme des « plateformes de lancement modulaires » capables de détecter et de neutraliser des cibles prioritaires dans les zones côtières, y compris des éléments des groupes aéronavals offensifs. Bien qu’elles soient classées comme frégates, leur armement dense leur confère des capacités offensives largement supérieures à ce que suggère leur taille réelle.
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Le déplacement à pleine charge des frégates du projet 22350 atteint environ 5 400 tonnes, leur vitesse maximale s’élève à 29,5 nœuds, et chaque bâtiment embarque un équipage de 210 marins. Toutefois, leur autonomie en mer ne dépasse pas 30 jours, ce qui a été considéré comme l’un de leurs points faibles, mis en évidence lors de l’escorte de la frégate Amiral Golovko accompagnant un pétrolier russe lors d’un tour du monde l’an dernier.
En août 2025, la plus récente frégate de cette classe, l’Amiral Amelko, a été mise à l’eau au chantier naval Severnaya, à Saint-Pétersbourg. Il s’agit du cinquième navire sur les dix prévus dans le cadre du projet 22350, baptisé en hommage à l’amiral soviétique Nikolaï Amelko.
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L’Amiral Amelko représente une avancée notable au sein de la série, puisqu’il est équipé du système anti-sous-marin Otvet, capable, selon les données russes, de détruire des sous-marins nucléaires ennemis à une distance pouvant atteindre 40 kilomètres.
Il fait également partie des premières frégates du projet à avoir été dotées du double du nombre de cellules de lancement vertical de type S-143, la transformant de facto en plateforme flottante de lancement de missiles. Son armement comprend un canon naval de 130 mm, deux systèmes de défense rapprochée Palach équipés de canons rotatifs de 30 mm à six tubes, deux tubes lance-torpilles Paket-NK, ainsi que la capacité d’opérer un hélicoptère Ka-27 pour des missions supplémentaires de lutte anti-sous-marine.
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La marine russe prévoit de déployer l’Amiral Amelko dans l’océan Pacifique, avec une entrée en service attendue d’ici 2026. Parallèlement, trois autres frégates de la même classe sont en cours de construction, tandis que les deux dernières ont été commandées afin d’atteindre le nombre total prévu.
Moscou considère ces frégates comme la pierre angulaire de sa stratégie navale contemporaine, visant à renforcer la sécurité des eaux territoriales russes, à assurer des patrouilles maritimes régulières en coordination avec les alliés, et à protéger les routes de navigation maritime et commerciale contre les tentatives de blocus occidentales.
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Ainsi, les frégates du projet 22350 illustrent un tournant stratégique, marqué par le passage d’une dépendance aux grands porte-avions vers des plateformes plus compactes, mais fortement armées et polyvalentes, dédiées aux missions de dissuasion et de contrôle dans les environnements maritimes disputés.
Caractéristiques de la frégate du projet 22350
Année de mise en service : 2018 (classe Amiral Gorchkov)
Nombre de frégates construites : 5 (3 en service, 10 prévues)
Longueur : 135 mètres
Largeur : 16 mètres
Déplacement : 5 400 tonnes à pleine charge
Vitesse maximale : 29,5 nœuds (54,6 km/h)
Rayon d’action : 4 850 milles nautiques (8 980 km) ; autonomie en mer jusqu’à 30 jours
Armement : un canon naval de 130 mm ; cellules de lancement vertical pour missiles Kalibr, Oniks, Zircon et Otvet ; deux systèmes de défense rapprochée Palach ; deux tubes lance-torpilles ; deux mitrailleuses montées sur affût ; un hélicoptère Ka-27
Équipage : 210 personnes
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