Démanteler l’influence des Frères musulmans : une condition essentielle pour mettre fin à l’hémorragie de la guerre au Soudan
Les avertissements s’intensifient : la guerre en cours au Soudan ne trouvera pas de conclusion tant que le rôle joué par les Frères musulmans dans l’alimentation du conflit et la perpétuation du chaos ne sera pas tranché. Après de longs mois de combats et d’effondrement humanitaire, il est devenu clair que la crise n’est plus une simple confrontation militaire, mais un conflit complexe mêlant calculs idéologiques et organisationnels, avec à sa tête des réseaux d’islam politique qui voient dans la poursuite de la guerre une opportunité de réaffirmer leur influence au sein de l’État affaibli.
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Appels à classer le mouvement islamique Frères musulmans au Soudan comme organisation terroriste
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Les Frères musulmans au Soudan cherchent à revenir sur le devant de la scène à travers des conférences internationales… Détails
Dans ce contexte, le journal émirati Al-Ittihad a publié un rapport analytique reprenant les avis d’experts en groupes extrémistes, soulignant que les Frères musulmans représentent un des principaux obstacles à toute solution politique réelle au Soudan.
Le chercheur spécialiste du terrorisme, Munir Adib, a expliqué que le mouvement a, depuis le déclenchement des affrontements, cherché à bloquer toutes les initiatives visant à instaurer un cessez-le-feu, qu’elles soient régionales ou internationales, convaincu que la fin de la guerre signifierait le recul de son rôle et l’exposition de ses réseaux au sein des institutions étatiques.
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Raisons de classer les Frères musulmans au Soudan comme un « groupe terroriste »
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Appels à classer le mouvement des Frères musulmans au Soudan comme groupe terroriste… Détails
Adib a souligné que le groupe a l’habitude de tirer parti du chaos, considérant que les environnements de conflit armé lui offrent une plus grande marge de manœuvre pour se repositionner et reconstruire ses alliances, profitant de la faiblesse de l’État et de l’érosion de ses institutions. Il a insisté sur le fait que toute initiative politique qui ne prend pas en compte les Frères musulmans ou qui ne démantèle pas leur structure organisationnelle est vouée à l’échec, car le mouvement agit selon une logique de sabotage de l’État plutôt que de sauvetage.
De son côté, le chercheur en mouvements extrémistes Tarek Abu Al-Saad a affirmé que la communauté internationale commence à prendre conscience du danger que représente la liberté d’action du groupe dans le contexte soudanais, soulignant que son classement comme menace sécuritaire dans plusieurs pays occidentaux traduit un changement dans l’approche de ce dossier.
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Des experts dévoilent les dessous de la prolongation du conflit au Soudan… quel rôle pour les Frères musulmans ?
Il a considéré que réduire la capacité des Frères musulmans à accéder à des financements et soutiens extérieurs constitue une étape nécessaire, mais insuffisante si elle n’est pas accompagnée de mesures internes strictes traitant les racines de leur implantation dans les rouages de l’État.
Ces analyses interviennent alors que la crise humanitaire au Soudan s’aggrave, avec l’expansion du déplacement des populations et la détérioration des services essentiels, dans un contexte d’incapacité manifeste à instaurer une trêve durable.
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Les experts estiment que mettre fin à la guerre exige une approche globale qui ne se limite pas à l’arrêt des combats, mais cible également les forces ayant alimenté le conflit sur le plan politique et organisationnel. À la tête de ces forces, les Frères musulmans apparaissent comme un facteur principal de blocage, faisant du démantèlement de leur influence une condition indispensable pour ouvrir la voie à la paix et à la stabilité.
