Pezeshkian s’emploie à contenir les dérives du discours médiatique avec les pays voisins
L’avertissement et les directives adressés par le président iranien aux médias visent à promouvoir l’image d’une « Iran partenaire » plutôt que celle d’une « Iran conflictuelle », un message de réassurance destiné aussi bien aux pays voisins qu’à l’Occident.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a adressé, dimanche, un avertissement ferme aux médias locaux, les appelant à s’abstenir totalement de toute « atteinte aux dirigeants et responsables des pays voisins ». Cette initiative reflète la volonté de Téhéran d’adopter une approche diplomatique plus souple et plus apaisée.
Cette directive présidentielle, formulée lors d’une réunion du gouvernement iranien dimanche, ne se limite pas à une simple mesure de régulation du paysage médiatique. Elle s’inscrit dans une stratégie iranienne plus large visant à restaurer les relations régionales et à éviter toute escalade dans une phase particulièrement sensible.
Dans son allocution, rapportée par l’agence de presse officielle IRNA, Pezeshkian a souligné que la stabilité de l’Iran est étroitement liée à des relations positives avec son environnement géographique. Il a clairement indiqué que les pays de la région, en particulier ceux limitrophes de l’Iran, jouent un rôle central dans la prévention d’un conflit généralisé et s’efforcent activement de résoudre les crises par le dialogue.
L’avertissement du président ne s’est pas limité aux institutions médiatiques, mais a également concerné les responsables gouvernementaux, qu’il a exhortés à faire preuve d’une extrême prudence dans leurs déclarations et à éviter tout langage susceptible de nuire aux intérêts communs ou de provoquer l’irritation des capitales voisines. Cette démarche s’inscrit dans les efforts de Pezeshkian pour projeter l’image d’une « Iran partenaire » plutôt que d’une « Iran conflictuelle », un message de réassurance adressé tant à l’opinion intérieure qu’aux acteurs extérieurs.
Parallèlement à son appel à l’apaisement médiatique, Pezeshkian a établi un lien entre la stabilité régionale et les initiatives diplomatiques en cours. Il a qualifié les négociations indirectes entre Téhéran et Washington, tenues dans la capitale omanaise Mascate, de fruit d’initiatives menées par des « pays régionaux amis ». Cette déclaration met en lumière le rôle essentiel joué par les pays voisins dans la médiation et explique l’attachement du président iranien à préserver ces relations de toute perturbation médiatique susceptible d’entraver ces efforts.
La récente session de négociations à Mascate intervient dans un contexte de renforcement du déploiement militaire américain dans la région, sur fond d’inquiétudes iraniennes quant à des tentatives de Washington et de Tel-Aviv de créer des prétextes à une intervention militaire ou à un ciblage du régime. Téhéran maintient sa position en faveur de la levée des sanctions économiques en échange d’une limitation de son programme nucléaire, tandis que les États-Unis exigent l’arrêt complet des activités d’enrichissement et le retrait du pays de l’uranium hautement enrichi.
Des observateurs estiment que l’appel de Pezeshkian à encadrer le discours médiatique poursuit trois objectifs principaux : isoler Israël sur le plan régional, en améliorant les relations avec les pays arabes et musulmans afin de réduire les possibilités de formation d’alliances régionales hostiles à l’Iran ; soutenir les efforts de médiation, en protégeant le rôle de l’Oman et d’autres médiateurs régionaux par l’affichage de « bonnes intentions » officielles et médiatiques ; et renforcer la cohésion interne, en orientant les médias vers un discours national unifié au service de l’agenda diplomatique de l’État face aux sanctions occidentales.
À travers ces directives et avertissements, Massoud Pezeshkian place la « diplomatie de voisinage » au rang de priorité absolue pour faire face aux pressions internationales. Alors que la rhétorique des menaces militaires s’intensifie à l’horizon, Téhéran choisit, du moins au niveau du discours présidentiel, le langage de l’apaisement et du respect mutuel, dans une tentative de désamorcer les crises et de sécuriser son front régional avant toute confrontation potentielle.
