Etats-Unis

Trump face à un Amiral hypersonique… qui l’emporterait ?


Bien que le navire hypothétique « Trump » puisse bénéficier de certains atouts, il ne disposerait d’aucune solution efficace face aux armes hypersoniques avancées de l’« Amiral Nakhimov ».

Selon le site The National Interest, le président américain Donald Trump a récemment surpris le monde, y compris les dirigeants de la marine américaine, en annonçant son accord pour la construction de ce qu’il a présenté comme le premier cuirassé américain depuis des décennies, baptisé « cuirassé de classe Trump, USS Defiant ».

D’après les caractéristiques avancées, ce navire proposé serait massif, avec un déplacement compris entre 30 000 et 40 000 tonnes. Il serait conçu comme un véritable « arsenal » flottant américain, équipé de 128 cellules de lancement vertical, d’armes hypersoniques et même de systèmes d’armes à énergie dirigée.

Toujours selon le site, plusieurs experts ont souligné que, malgré sa taille imposante, la « classe Trump » ne serait pas officiellement classée comme un cuirassé, mais se rapprocherait davantage d’un croiseur de bataille.

Or, il s’agit là d’une catégorie bien réelle de navires de guerre exploités par la marine russe depuis des années, dont l’actuel croiseur de bataille de classe Kirov, l’« Amiral Nakhimov », toujours en service, contrairement au porte-avions vieillissant « Amiral Kouznetsov ».

Si le déplacement de l’Amiral Nakhimov est techniquement inférieur à celui du croiseur de bataille américain proposé de classe Trump, avec environ 28 000 tonnes, il remplit néanmoins de nombreuses fonctions similaires.

Contrairement au projet américain, le croiseur « Amiral Nakhimov » existe déjà et ses armes hypersoniques ainsi que ses systèmes de défense aérienne avancés sont pleinement opérationnels et ont démontré leur efficacité.

À l’inverse, les États-Unis n’ont pas encore construit de navire de classe « Trump » et restent loin de disposer d’armes hypersoniques ou de systèmes à énergie dirigée réellement déployables, même si Washington s’inspire de Moscou dans la conception de ce nouveau bâtiment de guerre.

Il est intéressant d’imaginer à quoi pourrait ressembler une confrontation entre le croiseur USS Defiant de classe Trump et l’« Amiral Nakhimov » de classe Kirov.

Les véritables cuirassés sont conçus pour l’engagement direct et pour infliger de lourds dégâts aux navires ennemis et à leurs positions à l’aide de canons massifs de 16 pouces, tout en s’appuyant sur un blindage épais pour encaisser les ripostes. En revanche, dans le cas du navire Trump et de l’Amiral Nakhimov, la priorité est donnée aux frappes massives à longue distance et à la capacité de supporter des coups puissants.

Pour comprendre comment se déroulerait une bataille navale hypothétique entre ces deux géants, il est essentiel d’analyser les philosophies de conception qui sous-tendent ces systèmes russe et américain comparables.

Alors que le navire américain n’a pas encore été construit, le bâtiment russe a été lancé en 1988. Trois unités ont été construites, dont une seule est encore en service.

La longueur estimée du navire Trump se situerait entre 260 et 270 mètres, contre 251 mètres pour l’Amiral Nakhimov, dont la largeur atteint 28,5 mètres, tandis que celle du navire américain serait comprise entre 32 et 35 mètres.

À ce jour, le système de propulsion du navire Trump et sa vitesse maximale demeurent inconnus, tandis que l’Amiral Nakhimov est propulsé par deux réacteurs nucléaires, des chaudières et des turbines à vapeur, lui permettant d’atteindre une vitesse maximale d’environ 32 nœuds.

L’armement attendu du navire américain comprendrait des missiles de croisière à capacité nucléaire, un système de frappe conventionnelle rapide composé de 12 cellules, 128 cellules de lancement vertical MK-41, ainsi que deux lanceurs de missiles RIM-116 à structure rotative.

Il serait également équipé d’un canon électromagnétique, de deux canons MK-45 de calibre 62, de quatre canons de 30 mm et d’armes à énergie dirigée. Le navire pourrait en outre embarquer des aéronefs V-22 Osprey et de futurs hélicoptères à décollage vertical.

L’armement du navire russe comprend, pour sa part, 80 lanceurs de missiles antinavires, 96 lanceurs de missiles sol-air S-400, deux lanceurs de missiles sol-air K-33 Osa-M4, des systèmes de défense aérienne Pantsir-M, ainsi qu’un canon polyvalent de 130 mm.

Il dispose également de dix tubes lance-torpilles de 533 mm, d’un lance-roquettes antisous-marin RBU-6000, de deux lanceurs RBU-1000 et peut embarquer trois hélicoptères Kamov Ka-27.

Dans l’hypothèse d’un affrontement théorique entre les deux navires, les Américains devraient reconnaître la supériorité russe en matière de développement, de production et de déploiement d’armes hypersoniques fiables.

Les points forts de la classe Trump résideraient dans sa supériorité en matière de fusion des données de capteurs et d’intégration des réseaux de combat. La majorité des experts estiment qu’elle disposerait d’une architecture de défense antimissile plus robuste.

Toutefois, si le navire était attaqué par des armes hypersoniques depuis l’Amiral Nakhimov, il est probable qu’aucune défense aérienne ne serait en mesure de protéger efficacement le croiseur de bataille de classe Trump.

Un autre inconvénient majeur de la classe Trump réside dans sa taille colossale. Selon les projections actuelles, son déplacement dépasserait 35 000 tonnes, ce qui le rendrait facilement détectable et traçable par radar.

Par ailleurs, le coût extrêmement élevé du navire inciterait les dirigeants américains à hésiter avant de prendre le risque de l’engager, compte tenu des pertes financières et de l’impact considérable sur les capacités de la marine américaine en cas de destruction.

De son côté, la philosophie de conception de l’Amiral Nakhimov repose sur la maximisation de la puissance de feu des missiles offensifs, combinée à un blindage lourd et à une propulsion nucléaire offrant une endurance supérieure à celle de nombreux concurrents.

Son principal atout demeure son arsenal, composé de missiles hypersoniques P-800 Oniks et Zircon, de missiles de croisière Kalibr, ainsi que de systèmes de défense aérienne navale S-400 et S-300F.

Le navire est réputé pour sa capacité à emporter une charge de missiles importante et pour la robustesse de sa structure, bien que ses systèmes de détection soient plus anciens et ses réseaux moins performants que ceux des bâtiments américains. De plus, le nombre limité d’unités complique leur maintenance.

Dans tout affrontement, la partie qui parvient à obtenir une acquisition de cible précise en premier bénéficie d’un avantage décisif. Les Américains s’appuieraient sur leurs satellites, leurs drones MQ-25 et leurs sous-marins pour surveiller le navire russe.

De leur côté, les Russes utiliseraient des radars à longue portée, des systèmes spatiaux de surveillance globale et des patrouilleurs maritimes pour détecter et suivre le navire Trump.

Lors de cette confrontation hypothétique, aucun des deux navires ne s’approcherait à portée visuelle. Le navire américain lancerait des missiles LRASM, auxquels le bâtiment russe riposterait par des missiles de croisière Kalibr et, potentiellement, des missiles hypersoniques Zircon.

À ce stade, la bataille se transformerait en un duel de missiles à longue portée plutôt qu’en un affrontement naval classique.

Les deux navires mettraient en œuvre des défenses multicouches comprenant des intercepteurs à longue portée, des missiles sol-air de moyenne portée, des canons et missiles de défense rapprochée, ainsi que des moyens de guerre électronique et des leurres.

Le facteur déterminant serait alors la qualité des systèmes de conduite de tir et la fiabilité des missiles d’interception embarqués.

Cependant, l’élément décisif resterait la possession d’armes hypersoniques russes. Bien que le navire américain disposerait probablement de capacités supérieures en matière de renseignement, de surveillance et de reconnaissance, aucune défense connue n’existe à bord des navires de classe Trump contre les missiles hypersoniques Zircon.

Ainsi, dans cette confrontation décisive, ces armes hypersoniques, combinées à l’absence d’un équivalent américain ou de défenses adaptées, conduiraient vraisemblablement à la défaite du croiseur de bataille de classe Trump en un laps de temps relativement court.

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