Moyen-Orient

Un sénateur américain met fin à sa rencontre avec le commandant de l’armée libanaise en raison du Hezbollah


Le sénateur Lindsey Graham affirme que le général Joseph Hikel a refusé de qualifier le Hezbollah d’organisation terroriste, invoquant le contexte politique interne libanais.

Une prise de position émanant de l’un des sénateurs américains les plus influents a remis en lumière l’ampleur des pressions politiques croissantes exercées par les États-Unis sur le Liban concernant la question de l’armement du Hezbollah, en particulier s’agissant de la position des institutions officielles libanaises à son égard.

Une brève rencontre entre le sénateur républicain Lindsey Graham et le commandant de l’armée libanaise, le général Joseph Hikel, a suscité une vive controverse dans les milieux politiques et médiatiques, après s’être conclue de manière abrupte en raison d’un désaccord manifeste sur la qualification du Hezbollah.

Selon les déclarations mêmes de Graham, l’entretien n’a duré que quelques minutes. Il a indiqué avoir posé une question directe au commandant de l’armée pour savoir s’il considérait le Hezbollah comme une organisation terroriste. La réponse négative de Hikel, justifiée par ce qu’il a qualifié de spécificité du contexte libanais interne, a conduit le sénateur américain à mettre immédiatement fin à la réunion, estimant que cette position soulevait de sérieux doutes quant à la nature du partenariat avec l’institution militaire libanaise.

Dans un message publié sur la plateforme X, Graham a écrit : « Je viens de tenir une brève réunion avec le chef d’état-major de la défense libanaise, le général Joseph Hikel. Je lui ai demandé directement s’il considérait le Hezbollah comme une organisation terroriste. Il a répondu : “Non, pas dans le contexte libanais.” J’ai alors mis fin à la réunion immédiatement. »

Le sénateur ne s’est pas contenté de relater les faits, mais a accompagné sa publication d’un commentaire au ton ferme, rappelant que le Hezbollah est classé comme organisation terroriste, et soulignant que ses membres sont, selon lui, impliqués dans des attaques visant des Américains. Il a précisé que cette désignation ne relevait pas d’une seule administration, mais qu’elle constituait une décision adoptée par des administrations américaines successives, républicaines comme démocrates, depuis 1997.

Il a ajouté que la persistance de telles positions au sein des forces armées libanaises soulève de sérieuses interrogations quant à leur fiabilité en tant que partenaire, exprimant son exaspération face à ce qu’il a qualifié de discours ambivalent dans la région, et estimant que la question revêt une gravité particulière.

Ces développements s’inscrivent dans un contexte politique et sécuritaire complexe. Washington classe le Hezbollah comme organisation terroriste étrangère depuis la fin des années 1990 et l’accuse d’être impliqué dans des opérations ayant visé des intérêts américains dans la région et au-delà. Des responsables américains ont, à plusieurs reprises, mis en garde contre les conséquences de ce qu’ils considèrent comme une lenteur libanaise dans le traitement du dossier de l’armement du parti.

L’envoyé américain Thomas Barrack avait auparavant laissé entendre qu’Israël pourrait recourir à des mesures unilatérales en cas de persistance de l’impasse sur la question du désarmement. Dans le même temps, l’armée libanaise affirme œuvrer à la limitation des armes aux seules mains de l’État, conformément à l’accord de 2024 qui a mis fin à une confrontation de grande ampleur entre le Hezbollah et Israël, soulignant que l’État a honoré une part importante de ses engagements.

De son côté, le président libanais Joseph Aoun a insisté sur le fait que l’objectif de la centralisation des armes au sein de l’État est de consolider la stabilité et de créer les conditions nécessaires à la relance économique. Il a indiqué que le gouvernement avait approuvé un plan élaboré par l’armée pour mettre en œuvre cette démarche, sans fixer de calendrier précis, afin d’éviter toute déstabilisation interne.

À l’inverse, le Hezbollah conditionne toute discussion sur la remise de ses armes à plusieurs exigences, notamment le retrait d’Israël des territoires libanais occupés, la cessation des attaques, la libération des prisonniers et le lancement du processus de reconstruction. Cela intervient dans un climat de tension persistante depuis la guerre d’octobre 2023, élargie en septembre 2024. Malgré la conclusion d’un accord ultérieur, Israël continue, selon le Liban, d’en violer les termes et de maintenir son contrôle sur cinq collines prises lors des affrontements.

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