Iran

Avec le soutien de grandes puissances, l’Europe se rapproche du classement des Gardiens de la révolution iraniens comme organisation terroriste


L’Union européenne se rapproche de l’inscription des Gardiens de la révolution islamique sur sa liste des organisations terroristes, en réponse à la « campagne de répression » menée contre les manifestants en Iran.

Selon Politico, les Gardiens de la révolution pourraient être ajoutés à cette liste s’ils obtiennent le soutien nécessaire lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne à Bruxelles, jeudi, au cours de laquelle les ministres doivent examiner l’imposition de nouvelles sanctions contre le régime iranien.

Auparavant, plusieurs pays, dont la France et l’Italie, s’étaient opposés à l’inscription des Gardiens de la révolution sur la liste terroriste européenne, estimant qu’une telle décision mettrait fin aux rares canaux diplomatiques encore ouverts avec Téhéran.

Cependant, la France, qui figurait parmi les opposants les plus fermes à cette mesure, a finalement levé son opposition mercredi soir, selon des informations communiquées par le palais de l’Élysée à Politico.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait déclaré plus tôt qu’il était « nécessaire de lutter contre l’impunité des auteurs de cette répression sanglante » en Iran.

Rome a également modifié sa position ces dernières semaines, évoquant la « brutalité de la répression iranienne ».

De plus, Madrid soutient désormais cette initiative, selon un communiqué du ministère espagnol des Affaires étrangères.

Le classement des Gardiens de la révolution comme organisation terroriste requiert l’unanimité des 27 États membres de l’Union européenne.

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, David van Weel, a déclaré que les images les plus récentes ayant fuité de Téhéran sur la répression avaient franchi une « ligne rouge majeure » pour les pays de l’Union européenne, ajoutant : « Nous espérons donc voir un certain mouvement » concernant le classement des Gardiens de la révolution comme organisation terroriste lors de la réunion de jeudi.

Il a précisé : « À tout le moins, la question sera mise sur la table ».

« Un signal fort »

Selon Alex Vatanka, expert des affaires iraniennes au Middle East Institute à Washington, les Gardiens de la révolution constituent « un État dans l’État ».

Il a ajouté qu’ils sont « intégrés aux plus hauts niveaux du régime et impliqués dans de nombreux dossiers qui préoccupent l’Occident, tels que le programme nucléaire, les missiles et les activités régionales de l’Iran ».

David van Weel est revenu sur ce point en affirmant : « Nous devons envoyer un signal fort ».

Il a expliqué que les Gardiens de la révolution représentent « le facteur unificateur et l’épine dorsale qui maintient ce régime, dirige l’essentiel des violences et contrôle une grande partie de l’activité économique, tandis que le reste du pays souffre de la pauvreté. Je pense donc qu’ils constituent un élément clé des atrocités que nous avons vues, non seulement en Iran mais aussi dans la région ».

Par ailleurs, les ministres européens devraient approuver lors de leur réunion de jeudi le gel des avoirs et l’interdiction de visas visant 21 individus et entités iraniens pour violations des droits de l’homme, ainsi que 10 autres pour avoir fourni des armes à la Russie dans le cadre de la guerre en Ukraine.

Les États-Unis ont classé les Gardiens de la révolution comme organisation terroriste étrangère en 2019 et ont à plusieurs reprises fait pression sur l’Union européenne pour qu’elle adopte une position similaire.

Mercredi, le président américain Donald Trump a averti que « le temps était compté » pour le régime iranien et qu’« une flotte massive » avançait « rapidement, avec une grande force, enthousiasme et détermination » vers le pays.

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