Lincoln en tête… une force américaine écrasante face à l’Iran
Le président américain a dépêché une flotte navale représentant une « puissance majeure » vers le Moyen-Orient. Mais quelles sont réellement ses capacités ?
Selon le quotidien britannique The Telegraph, les États-Unis renforcent discrètement une force militaire considérée comme particulièrement dissuasive au Moyen-Orient, les plaçant en état de préparation avancée pour frapper l’Iran si le président Donald Trump en prenait la décision.
Lundi dernier, le porte-avions américain USS Abraham Lincoln, accompagné de trois destroyers d’escorte, est entré au Moyen-Orient. Deux jours plus tard, le président Trump a annoncé qu’une flotte navale se dirigeait vers l’Iran « avec force, détermination et un objectif clair », menaçant de bombarder le régime s’il ne mettait pas fin à son programme nucléaire.
Trump a averti que « la prochaine attaque serait bien plus sévère » que les frappes précédentes contre les installations nucléaires iraniennes en juin dernier, lorsque Washington avait bombardé l’Iran après une semaine d’escalade des raids aériens entre Israël et l’Iran.
Il a déclaré : « Ne laissez pas cela se reproduire. »
Des éléments du groupe aéronaval Lincoln ont été déployés depuis la mer de Chine méridionale, une zone stratégique pour les intérêts américains dans la région indo-pacifique.
Le transfert de cette flotte depuis une zone clé pour la sécurité nationale américaine suggère que Trump cherche à afficher une puissance militaire considérable avant toute négociation avec le régime iranien.
Le président américain affirme qu’il ne faut en aucun cas permettre à l’Iran de se doter de l’arme nucléaire ni de développer davantage ses capacités nucléaires.
Après plusieurs semaines de manifestations violentes, le gouvernement iranien apparaît affaibli, et Trump semble accroître la pression sur les dirigeants de Téhéran afin de les contraindre à renoncer à l’arme nucléaire, en brandissant la menace d’une frappe militaire en réaction à la répression des protestations.
Selon The Telegraph, le président Trump n’aurait pas envoyé cette flotte sans une analyse approfondie de son emploi potentiel. Les équipements auraient été sélectionnés spécifiquement pour neutraliser les systèmes de défense iraniens en cas de refus de coopération de Téhéran.
Le porte-avions est accompagné de trois destroyers lance-missiles de classe Arleigh Burke, tandis qu’en temps normal, un sous-marin nucléaire d’attaque opère dans les eaux voisines.
Le groupe aéronaval dispose d’une puissance de feu considérable. Le porte-avions embarque huit escadrons comprenant des avions furtifs F-35, des chasseurs F/A-18 Super Hornet, ainsi que des appareils de guerre électronique EA-18 Growler.
Ces capacités ont été utilisées conjointement lors de l’opération « Détermination absolue », qui avait conduit à la chute du régime de Nicolás Maduro au Venezuela et au transfert de l’ancien président vers les États-Unis pour y répondre à des accusations liées au trafic de drogue.
Les avions Growler avaient neutralisé les radars et les communications, tandis que les F-35 et F/A-18 menaient des frappes ciblées contre les défenses aériennes, permettant aux forces spéciales d’opérer avec une grande liberté d’action.
À l’instar du Venezuela, l’architecture de la défense aérienne iranienne repose en grande partie sur des technologies d’origine russe. Une opération similaire faciliterait la neutralisation des radars et des systèmes sol-air iraniens.
Reste à savoir si Téhéran est en mesure de reconstituer ses défenses aériennes après les frappes israéliennes, qui avaient permis aux avions israéliens, notamment les F-35, d’obtenir la supériorité aérienne lors de la guerre de douze jours en juin dernier. Les États-Unis avaient alors profité de cette situation pour frapper des sites nucléaires iraniens.
S’il est peu probable que Washington envisage un déploiement terrestre en Iran, il est attendu qu’une opération aérienne de grande ampleur serve à tester les défenses iraniennes avant d’éventuelles frappes plus massives, si le président Trump mettait ses menaces à exécution.
Les trois destroyers — USS Frank E. Petersen Jr., USS Michael Murphy et USS Spruance — stationnent au large, transportant des missiles susceptibles d’être utilisés pour des frappes de longue portée, notamment des missiles de croisière Tomahawk, comme lors des frappes de juin.
Ces bâtiments pourraient également jouer un rôle clé dans la défense contre toute riposte iranienne.
Le Wall Street Journal a indiqué que les États-Unis avaient également déployé des chasseurs F-15E dans la région, tout en transférant des systèmes de défense aérienne Patriot et THAAD afin de protéger les installations américaines et celles de leurs partenaires contre d’éventuelles représailles iraniennes.
Selon l’Associated Press, le groupe aéronaval Lincoln a rejoint trois navires de combat littoral, ainsi que deux autres destroyers américains déjà présents dans la région.
Le Commandement central américain a par ailleurs annoncé sur les réseaux sociaux que des avions F-15E Strike Eagle de l’US Air Force étaient désormais déployés au Moyen-Orient, précisant qu’ils « renforcent la préparation au combat et contribuent à la sécurité et à la stabilité régionales ».
L’Associated Press rapporte également que des analystes spécialisés dans le suivi aérien ont observé le déplacement de dizaines d’avions militaires américains vers la région.
L’arrivée du porte-avions aurait porté le nombre de militaires américains dans la région à près de 50 000, avec un renfort estimé à environ 5 700 personnels supplémentaires.
Alors que les navires de guerre américains se dirigeaient vers la zone, les autorités iraniennes ont dévoilé une nouvelle fresque sur un panneau géant au centre de Téhéran, adressant un avertissement explicite aux États-Unis contre toute tentative de frappe militaire contre l’Iran.
