Moyen-Orient

Le bras des Frères musulmans en Jordanie change de peau : le Parti Front d’action islamique échappera-t-il à la guillotine de Trump ?


Dans une démarche qualifiée de « manœuvre de dernière minute », la Commission électorale indépendante en Jordanie a révélé un mouvement inattendu du Parti Front d’action islamique – l’aile politique des Frères musulmans interdits – visant à changer de nom et à modifier ses statuts internes, dans une tentative désespérée de se dissocier de son identité religieuse et de rompre ses liens avec l’organisation officiellement inscrite sur les listes internationales du terrorisme.

Le président de la Commission, Mousa al-Mu’aytah, a affirmé que l’institution étudiait actuellement les modifications soumises par le parti afin de les rendre conformes à la loi jordanienne sur les partis, laquelle interdit la création d’organisations sur une base religieuse. Cette initiative soulève dans l’opinion publique jordanienne de nombreuses interrogations : changer simplement l’« enseigne » suffit-il à effacer des décennies de liens organiques avec les Frères musulmans, surtout après que l’organisation a été déclarée « dissoute et interdite » par la justice jordanienne en 2025 ?

Selon le site (Iram), le calendrier de cette démarche n’est pas fortuit : elle survient quelques jours seulement après la décision choc de l’administration américaine d’inscrire les branches des Frères musulmans en Jordanie, en Égypte et au Liban sur les listes du terrorisme.

Des observateurs estiment que le parti cherche à se « protéger » légalement par crainte que les sanctions financières et organisationnelles imposées par le président Donald Trump – visant à assécher les sources de financement de l’organisation et à démanteler ses ramifications régionales – ne l’atteignent.

La pression ne vient pas uniquement de l’extérieur. Le parti fait également face à un contrôle sécuritaire strict sur le plan national, surtout après la révélation du projet criminel en avril dernier, lorsque les autorités ont déjoué des tentatives d’éléments affiliés aux Frères musulmans pour fabriquer des missiles et des drones visant la sécurité nationale. Cet épisode, qui fut la goutte d’eau faisant déborder le vase, a conduit à la saisie de ses sièges et de ses biens.

Tandis que la Commission indépendante continue d’examiner les « nouveaux documents » du parti, la question centrale demeure dans les cercles politiques : le changement de nom trompera-t-il l’État jordanien, ou le dossier du parti est-il désormais prêt pour une « solution finale » en suivant le même sort que l’organisation-mère ?

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