Politique

Gaza sans otages… Israël en quête de réponses pour le jour d’après 


Après 844 jours, le rideau est tombé sur le dernier otage à Gaza, laissant une question en suspens : à quoi ressemblera le jour d’après en Israël et dans l’enclave meurtrie ?

Lundi, Israël a récupéré la dépouille de Ran Gvili, dernier otage détenu dans la bande de Gaza, mettant ainsi un terme à la première phase de l’accord de cessez-le-feu avec le Hamas, alors que l’on s’attend à la réouverture du poste-frontière terrestre de Rafah.

Dans un communiqué, l’armée israélienne a déclaré que « tous les otages qui étaient détenus dans la bande de Gaza ont ainsi été restitués ».

De son côté, le président américain Donald Trump, sur la base de la proposition duquel l’accord de cessez-le-feu a été conclu, a qualifié la récupération de la dépouille du dernier otage de « remarquable ».

Les Nations unies ont également salué la restitution de la dépouille, appelant à l’application intégrale de l’accord de cessez-le-feu conclu après plus de deux ans de guerre dévastatrice.

En contrepartie, Israël a libéré neuf détenus palestiniens arrivés à Gaza lundi soir, selon ce qu’a annoncé l’hôpital des Martyrs d’Al-Aqsa à Deir al-Balah.

Que se passe-t-il après le retour de Gvili ?

Gvili, sergent dans l’unité spéciale « Yassam » de la police israélienne, tué lors de l’attaque du Hamas le matin du 7 octobre 2023, était le dernier otage parmi les 251 personnes emmenées dans la bande de Gaza lors de l’assaut.

La majorité d’entre eux avaient été libérés dans le cadre de deux trêves entre Israël et le Hamas.

Après une recherche d’environ cent jours, un responsable militaire a indiqué à l’AFP que des éléments laissaient penser que Gvili « avait été enterré dans le quartier de Choujaïya », à l’est de Gaza, ajoutant que la découverte du corps avait été rendue possible grâce à des renseignements obtenus auprès du Hamas.

Le Forum des familles des otages israéliens a déclaré dans un communiqué qu’avec le retour de Gvili, « la lutte pour ramener les otages chez eux est terminée ».

Pour d’autres cependant, de nombreuses questions demeurent en suspens après la récupération par Israël de la dépouille du dernier otage.

À ce sujet, le Jerusalem Post s’est interrogé : « Que va-t-il se passer maintenant ? », non seulement à Gaza, mais aussi en Israël.

Concernant la bande de Gaza, le quotidien a souligné que l’avenir de sa gouvernance reste incertain et que le Hamas n’a pas été désarmé.

Israël avait précédemment retardé le passage complet à la deuxième phase du plan de Trump pour Gaza, en raison du fait que le Hamas n’avait pas restitué toutes les dépouilles des otages tués.

La deuxième phase de la trêve, dont Trump a annoncé plus tôt ce mois-ci le début de la mise en œuvre, exige le désarmement du Hamas, un point de discorde majeur dans les négociations, ainsi que la formation d’une force internationale chargée de superviser la sécurité à Gaza.

Aux termes de la première phase de la trêve, entrée en vigueur le 10 octobre dernier, le Hamas s’était engagé à libérer tous les otages, vivants ou morts, détenus à Gaza.

En contrepartie, Israël a relâché des dizaines de prisonniers et de détenus palestiniens à Gaza, y compris des dépouilles.

Toutefois, l’achèvement de la première phase a été retardé, le Hamas ayant affirmé avoir rencontré des difficultés à retrouver tous les corps sous les décombres des bâtiments.

La trêve fragile a été soumise à des pressions constantes, Israël ayant mené des frappes meurtrières après avoir accusé le Hamas d’attaquer ses forces et de violer le cessez-le-feu.

Le Hamas a cependant nié ces accusations et a imputé à Israël la violation de la trêve par la mort de Palestiniens à Gaza, où plus de 480 personnes ont été tuées depuis le début du cessez-le-feu, selon des responsables de la santé à Gaza.

Israël contrôle toujours près de la moitié de l’enclave.

Une nouvelle Gaza aux gratte-ciel

L’attention se porte désormais sur les phases suivantes du plan, censées mettre un terme au conflit dans l’enclave à terme, selon NBC News.

Dans une allocution au Forum économique de Davos, Jared Kushner, gendre du président américain, a dévoilé des projets visant à créer une « nouvelle Gaza » caractérisée par de hauts gratte-ciel et des plages animées de touristes, ce qui contraste totalement avec la réalité actuelle de Gaza, réduite en ruines par Israël.

Trump a poursuivi la mise en œuvre de son projet de création d’un « Conseil de la paix », initialement proposé comme une instance chargée de superviser les efforts de paix à Gaza avant d’en élargir les prérogatives.

Les divisions persistent en Israël

Sur le plan intérieur en Israël, les divisions, dont beaucoup remontent à avant le 7 octobre, continueront de subsister, se manifestant à la Knesset, dans le discours public, et jusque dans les familles et les communautés, selon le journal.

Le quotidien a ajouté que « le rétablissement de la confiance dans les dirigeants, la sécurité et les institutions prendra également plus de temps ».

 

 

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