Politique

L’Iran dans le viseur du Lincoln et de ses semblables… Des messages de feu avant la décision


Avec l’arrivée du porte-avions « Abraham Lincoln » et de son groupe de combat au Moyen-Orient, les signaux militaires américains à l’égard de l’Iran s’intensifient, tandis que le niveau de menaces réciproques entre Washington et Téhéran s’élève.

Le Commandement central américain (CENTCOM) a annoncé, dans une publication sur son compte X, que le porte-avions « USS Abraham Lincoln » et les navires qui l’accompagnent sont « actuellement déployés au Moyen-Orient pour renforcer la sécurité et la stabilité régionales ».

Le Wall Street Journal a indiqué que l’arrivée de ces renforts confère au président Donald Trump « des capacités offensives et défensives supplémentaires s’il décide d’aller de l’avant avec une attaque contre l’Iran ».

Dans un entretien accordé lundi au site Axios, Trump s’est dit satisfait de la présence d’« une grande flotte américaine près de l’Iran ».

Bien que Trump ait affirmé ne pas avoir encore tranché quant à une action militaire, l’arrivée de ces bâtiments intervient dans un contexte de déploiement massif de puissance de combat dans la région.

L’an dernier, le Pentagone avait retiré des équipements militaires du Moyen-Orient, alors que l’administration américaine concentrait son attention sur le Venezuela, mais les moyens militaires, y compris un groupe aéronaval, plusieurs systèmes de défense aérienne et des escadrons de chasse, reviennent progressivement dans la région.

Jeudi dernier, Trump a déclaré : « Nous avons une grande force en route vers l’Iran. Je préférerais qu’il ne se passe rien, mais nous les surveillons de très près ».

Le président américain avait renoncé plus tôt ce mois-ci à attaquer l’Iran, sans pour autant exclure l’option de frappes contre le « régime en place » après « la campagne de répression menée contre les manifestants », selon des responsables américains.

Entre-temps, une organisation de défense des droits humains basée aux États-Unis a indiqué lundi avoir vérifié la mort d’environ six mille personnes « lors de la répression des manifestations » en Iran, avertissant que le bilan pourrait être plus élevé.

Dans le premier bilan officiel des protestations, les autorités iraniennes avaient annoncé la semaine dernière la mort de 3 117 personnes.

Les manifestations avaient débuté fin décembre dernier en raison des difficultés économiques, avant de se transformer en un mouvement politique hostile aux autorités, à leur tête le guide suprême Ali Khamenei.

Selon le Wall Street Journal, le président américain a recherché des options « décisives » pour frapper l’Iran, dans un contexte de craintes qu’une campagne de bombardements n’entraîne un conflit plus large au Moyen-Orient. Téhéran a pour sa part promis de riposter en cas d’attaque.

Indications

Avec l’entrée du porte-avions Lincoln dans la zone d’opérations, les États-Unis disposent désormais d’avions supplémentaires tels que :

F-35C.

F/A-18 capables de frapper des cibles.

Des avions de guerre électronique EA-18 Growler, capables de brouiller les défenses adverses.

Selon le Wall Street Journal citant un responsable du Pentagone, le porte-avions est escorté par trois destroyers capables de lancer des missiles de croisière Tomahawk.

En outre, les États-Unis ont déployé deux autres destroyers près du détroit d’Ormuz, les plaçant à proximité d’une voie maritime vitale que l’Iran pourrait tenter de fermer en cas d’attaque, selon la même source.

Les États-Unis ont également déployé des chasseurs F-15E et sont en train de transférer deux systèmes de défense aérienne Patriot et THAAD vers la région afin de contribuer à la protection des installations américaines et de leurs alliés contre d’éventuelles représailles iraniennes. D’autres renforts sont attendus dans un délai d’une à deux semaines, selon des données de suivi aérien et des responsables américains.

Inquiétudes

Dana Stroul, ancienne secrétaire adjointe à la Défense pour le Moyen-Orient sous l’administration de l’ancien président Joe Biden, a déclaré : « Il me semble que chaque fois que Trump ordonne ce type de déploiement militaire, il met ses décisions à exécution ».

Face aux menaces de droits de douane et autres avertissements qu’il a lancés, de nombreuses spéculations ont circulé sur d’éventuels reculs de Trump. Toutefois, s’agissant de la force militaire, il n’a pas reculé, mais est resté ferme dans sa position.

Les États-Unis avaient par ailleurs soutenu et participé à une guerre menée par Israël contre l’Iran, qui a duré douze jours en juin dernier.

« Riposte globale »

De son côté, l’Iran a mis en garde contre une « riposte globale qui fera regretter » toute attaque éventuelle.

Faisant référence au porte-avions américain, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ismaïl, a déclaré que « l’arrivée d’un tel bâtiment n’affectera en rien la détermination ni le sérieux de l’Iran à défendre la nation iranienne ».

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page