Groenland et règlement potentiel : tout ce que vous devez savoir
Un « accord-cadre » dessine les contours d’un règlement potentiel entre les États-Unis et le Danemark au sujet du Groenland, l’île se trouvant au cœur d’une crise menaçant son appartenance administrative.
Voici ce que l’on sait de la proposition de règlement, après l’annonce du président Donald Trump concernant la conclusion de cet accord sous l’égide de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN).
-
Le Groenland et le F-35 : Washington détient-il la clé du ciel danois ?
-
Contrôle et bases militaires : un ancien accord offre à Trump une solution pour le Groenland
Ce qu’a annoncé Donald Trump
Le président américain a écrit sur son réseau social Truth Social depuis la station suisse de Davos, où il participe au Forum économique mondial : « Lors d’une réunion de travail très fructueuse avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, nous avons établi un cadre pour un accord à venir concernant le Groenland, voire l’ensemble de la région arctique. »
Donald Trump a ensuite affirmé aux journalistes que le projet d’accord accordait aux États-Unis « tout ce qu’ils voulaient » et « pour toujours », sans fournir davantage de détails.
Interrogé sur le point de savoir si cela signifiait que le Groenland deviendrait une propriété américaine, Trump a hésité avant d’éluder la question en déclarant que « cet accord est de long terme » et qu’« il durera pour toujours ».
-
Comment Trump pourrait contrôler la capitale du Groenland en une demi-heure
-
Entre le marteau de Trump et l’enclume de Poutine : Le destin du Groenland entre les mains des grands
Empêcher la Chine et la Russie
Mark Rutte a confirmé que les discussions entre les États-Unis et l’OTAN concernant le Groenland visaient à empêcher la Russie et la Chine d’accéder à ce territoire danois autonome, ainsi qu’aux autres pays de la région arctique.
Selon Rutte, l’objectif est d’assurer collectivement la sécurité de sept pays arctiques face à la Russie et à la Chine, à savoir les États-Unis, le Canada, le Danemark, l’Islande, la Suède, la Finlande et la Norvège.
Le secrétaire général de l’OTAN a ajouté qu’il s’agissait de garantir que la Chine et la Russie ne puissent pas accéder économiquement et militairement au Groenland.
-
Pourquoi Trump veut-il annexer le Groenland ? L’histoire complète
-
Acheter la géographie : comment les transactions ont façonné la carte des États-Unis
La souveraineté danoise
La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a affirmé à la télévision locale que « les positions du Danemark et du Groenland sont identiques et qu’aucune négociation n’a eu lieu hier avec l’OTAN concernant notre souveraineté ».
Elle avait auparavant déclaré dans un communiqué qu’« il va de soi que seuls le Danemark et le Groenland sont habilités à prendre les décisions relatives à leurs affaires communes ».
La cheffe du gouvernement danois a indiqué que son pays menait un dialogue étroit avec l’OTAN et qu’elle s’entretenait personnellement et régulièrement avec le secrétaire général de l’Alliance, Mark Rutte, notamment avant et après sa rencontre avec Trump à Davos, ajoutant qu’elle avait coordonné ses efforts avec le gouvernement du Groenland tout au long de ce processus.
-
Première année du second mandat de Trump : paix, frappes record et classement des Frères musulmans
-
Trump n’exclut pas l’option militaire en soutien aux manifestants en Iran
De son côté, Rutte a assuré à Fox News que la question de la souveraineté du Groenland n’avait pas été abordée lors de ses discussions avec le président américain.
Une source informée des échanges entre Donald Trump et Mark Rutte a également déclaré à l’Agence France-Presse que l’idée d’établir des bases américaines au Groenland sous souveraineté américaine n’avait pas été évoquée.
Renégociation
Selon cette même source, les États-Unis et le Danemark renégocieront l’accord de défense signé en 1951 concernant le Groenland.
-
La chute de Maduro : une étape dans le rêve de Rubio de diriger une armée d’exilés et de présider Cuba
-
Nous sommes des combattants : Maduro adresse un message depuis sa prison à New York
La sécurité dans l’Arctique sera renforcée, avec la contribution des pays européens membres de l’OTAN, précise la source.
Depuis 1951, l’accord de défense, actualisé en 2004, accorde aux forces armées américaines une liberté quasi totale au Groenland, sous réserve d’une notification préalable aux autorités.
Les États-Unis ne disposent actuellement que d’une seule base au Groenland, la base de Pituffik (anciennement Thulé), située au nord de cette vaste île arctique, après avoir exploité une dizaine de bases durant la guerre froide.
Ce site joue un rôle essentiel dans le système de défense antimissile américain.
