Gaza : les frappes de l’aube mettent à l’épreuve ce qu’il reste de la patience des déplacés

Les frappes de l’aube mettent à rude épreuve la patience déjà épuisée des déplacés à Gaza, alors que les bombardements aggravent les souffrances d’une population dont la majorité vit dans des tentes encerclées par les destructions et malmenées par les pluies.
À l’aube de samedi, l’aviation israélienne a mené des raids sur la ville de Gaza et le centre de l’enclave, tandis que son artillerie a bombardé les zones orientales de la ville de Khan Younès, selon des médias palestiniens.
L’agence de presse palestinienne Wafa a indiqué que l’armée israélienne avait frappé l’est de la ville de Gaza, parallèlement à des bombardements visant Deir al-Balah et le camp de réfugiés d’Al-Bureij, dans le centre de la bande de Gaza.
Elle a ajouté que des frappes aériennes israéliennes avaient également ciblé l’est de Deir al-Balah, le camp d’Al-Bureij et le quartier d’Al-Tuffah dans la ville de Gaza.
Dans le sud, des tirs ont de nouveau été signalés depuis des véhicules militaires de l’occupation israélienne à l’est de Khan Younès et au nord de la ville de Rafah.
Les forces israéliennes, appuyées par des hélicoptères de combat, ont ouvert un feu nourri sur l’est de Khan Younès et en direction de la ville de Rafah, au sud de la bande de Gaza.
Premier meeting
Vendredi, la commission palestinienne de technocrates chargée de l’administration de Gaza a tenu sa première réunion dans la capitale égyptienne, au lendemain de l’annonce par le président américain Donald Trump de la création d’un « Conseil de la paix » chargé de superviser les affaires du territoire dévasté après deux années de guerre.
Selon l’Agence France-Presse, la réunion s’est tenue en présence de Jared Kushner, gendre du président américain, ainsi que du diplomate bulgare Nikolaï Mladenov, appelé à jouer un rôle central dans la deuxième phase du plan de paix américain visant à mettre fin à la guerre à Gaza, d’après un membre de la commission ayant requis l’anonymat.
Cette commission, composée de 15 personnalités palestiniennes, a été constituée mercredi et est appelée à administrer temporairement le territoire sous la supervision du « Conseil de la paix ».
Un membre de la commission a indiqué qu’une nouvelle réunion devait se tenir samedi, exprimant l’espoir de « se rendre à Gaza la semaine prochaine ou la suivante », ajoutant : « Notre travail est là-bas, et nous devons y être. »
Il a précisé que la priorité de la commission serait accordée aux « services publics », soulignant qu’elle « ne s’engagera pas dans les affaires politiques ».
Vendredi, Donald Trump a nommé le secrétaire d’État Marco Rubio et l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair membres fondateurs du « Conseil de la paix » pour Gaza.
La Maison-Blanche a également confirmé la nomination de l’envoyé spécial de Trump, Steve Witkoff, de son gendre Jared Kushner et du président de la Banque mondiale, Ajay Banga, au sein du conseil exécutif fondateur composé de sept membres.
Selon le communiqué, Trump présidera lui-même le conseil, précisant que d’autres membres seront annoncés dans les semaines à venir.
Jeudi, Trump avait annoncé la création du « Conseil de la paix », un pilier essentiel de la deuxième phase du plan de paix américain destiné à mettre fin à la guerre à Gaza.
Aide humanitaire et logement
En sa qualité de président du Conseil de la paix, Trump a exprimé son soutien à la commission palestinienne d’experts chargée de « gouverner Gaza durant la phase de transition ».
Il a écrit sur sa plateforme Truth Social que « ces dirigeants palestiniens sont profondément engagés en faveur d’un avenir pacifique ».
Le plan du président américain prévoit que « Gaza soit administrée par une autorité transitoire temporaire, à savoir une commission palestinienne technocratique et non politisée, responsable de la gestion quotidienne des services publics et municipaux au bénéfice des habitants de Gaza ».
Ce plan a été approuvé en mars dernier avec un soutien européen, en réponse à une proposition antérieure de Trump qui prévoyait la prise de contrôle du territoire palestinien et le déplacement de sa population.
Jeudi, le directeur exécutif du Bureau des Nations unies pour les services d’appui aux projets, Jorge Moreira da Silva, a averti que la reconstruction de Gaza ne pouvait souffrir aucun retard, à l’issue de sa troisième mission dans le territoire palestinien dévasté par deux années de guerre.
Il a décrit une population vivant dans des conditions « inhumaines », évoquant l’absence de traitement des eaux usées, une pénurie sévère d’électricité et des personnes contraintes de résider dans des bâtiments partiellement détruits et menacés d’effondrement.
Da Silva a rappelé que les Nations unies, l’Union européenne et la Banque mondiale ont estimé les besoins à plus de 52 milliards de dollars.
