Politique

Accusations contre l’Iran de recourir à des milices irakiennes pour réprimer les manifestations


Le site Iran International affirme que le gouvernement iranien a fait appel à environ 800 membres de milices liées aux Gardiens de la révolution, appartenant aux Brigades du Hezbollah, au Mouvement al-Noujaba, à la Brigade Sayyid al-Shuhada, ainsi qu’à l’Organisation Badr.

Des informations de plus en plus nombreuses, publiées par des sites de l’opposition iranienne, révèlent que les autorités de Téhéran ont eu recours à des milices irakiennes qui leur sont loyales pour faire face à la vague croissante de manifestations populaires à l’intérieur du pays. Cette démarche reflète la dépendance récurrente de l’Iran à l’égard de forces extérieures et de groupes armés transnationaux pour réprimer tout mouvement populaire susceptible de menacer le régime. Cette méthode, déjà utilisée par Téhéran en Syrie pour soutenir son allié Bachar al-Assad, semble aujourd’hui s’imposer avec force sur la scène intérieure iranienne.

Le site Iran International cite des sources qualifiées de confidentielles selon lesquelles une opération organisée de recrutement et de transfert d’éléments issus de milices irakiennes directement liées aux Gardiens de la révolution iranienne a débuté ces derniers jours. L’objectif est de renforcer les forces de répression déployées dans la capitale Téhéran et dans d’autres villes touchées par d’importantes manifestations. Les informations indiquent que l’opération a commencé il y a quatre jours et qu’environ 800 combattants ont déjà été envoyés.

Les sources précisent que la grande majorité de ces éléments appartiennent à des factions connues pour leur loyauté totale envers l’Iran, notamment les Brigades du Hezbollah, le Mouvement al-Noujaba, la Brigade Sayyid al-Shuhada et l’Organisation Badr. Selon ces mêmes informations, ces groupes ont reçu des instructions directes pour participer à des missions sécuritaires liées à la dispersion des manifestants et à la traque des militants.

Alors que le gouvernement irakien observe un silence total face à ces développements, les données disponibles indiquent que des responsables officiels à Bagdad sont pleinement informés des opérations de mobilisation et de transfert, sans qu’aucune position publique n’ait été exprimée pour s’opposer à l’utilisation du territoire irakien comme zone de transit pour des forces accusées de participer à de graves violations des droits humains en Iran.

Les rapports soulignent que le transfert des éléments s’effectue par trois principaux points de passage frontaliers, à savoir Shalamcheh, Jadhaba et Khosravi, sous couvert officiel de l’organisation de « visites religieuses » à la ville de Machhad, sous prétexte de visiter le sanctuaire de l’imam Reza. Toutefois, la réalité sur le terrain, selon les sources, révèle que ces forces se rassemblent d’abord dans une base connue sous le nom de « base Khamenei » dans la province du Khouzistan, avant d’être réparties dans différentes régions pour participer aux opérations de répression.

Des témoignages vidéo envoyés par des citoyens iraniens au site Iran International viennent étayer ces informations. Les séquences montrent des membres des forces de répression s’exprimant en arabe avec des accents irakiens manifestes, ce qui a suscité de nombreuses interrogations au sein de la société iranienne quant à l’identité de ces forces et à leur rôle.

Le recours croissant aux milices supplétives intervient alors que l’Iran connaît l’une des vagues de répression les plus violentes de ces dernières années. En seulement dix jours, des dizaines de manifestants ont été tués par les forces de sécurité, tandis qu’un grand nombre de protestataires, dont des enfants et des mineurs, ont été arrêtés.

Selon l’agence de défense des droits humains Hrana, le nombre de morts lors des récentes manifestations s’élève à au moins 36 personnes, dont quatre âgées de moins de 18 ans. Par ailleurs, des attaques menées par les forces de sécurité contre deux hôpitaux dans la ville de Malekshahi, dans la province d’Ilam, ainsi qu’un hôpital à Téhéran, ont provoqué une vague d’indignation en Iran et à l’étranger.

Dans ce contexte, le secrétaire d’État américain a qualifié l’attaque contre l’hôpital de Malekshahi de « crime manifeste contre l’humanité », mettant en garde contre la poursuite des violations à l’encontre des civils. Le président américain Donald Trump a également adressé un avertissement direct aux dirigeants iraniens, affirmant que le recours du régime à des exécutions systématiques de manifestants entraînerait des mesures américaines visant à défendre le peuple iranien.

Malgré ces avertissements, le guide suprême iranien Ali Khamenei a insisté, dans un discours prononcé la semaine dernière, sur la nécessité de réprimer les manifestants, appelant à « les renvoyer à leur place », une déclaration interprétée comme un feu vert à la poursuite de la violence.

Ce n’est pas la première fois que Téhéran recourt à ses milices supplétives pour réprimer des manifestations. En novembre 2022, lors du soulèvement « Femme, Vie, Liberté », des rapports avaient révélé le transfert d’éléments des Hachd al-Chaabi et des Brigades du Hezbollah de Bagdad vers Machhad afin de participer à la répression des protestataires. Des informations antérieures faisaient également état de l’envoi de forces en provenance du Liban et d’autres pays soutenus par l’Iran.

Cette approche reflète un schéma constant de la politique de Téhéran, fondé sur l’exportation des instruments de répression et l’utilisation de milices transnationales, que ce soit en Syrie ou à l’intérieur même de l’Iran, consolidant ainsi l’image d’un régime qui s’appuie sur des forces extérieures pour se maintenir face à la colère de son peuple.

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