Moyen-Orient

Le conflit autour des champs pétroliers menace de diviser le sud du Yémen


Amr ben Habreesh, chef de la milice « Forces de protection de l’Hadramaout », annonce son intention d’utiliser ses forces pour affronter toute troupe gouvernementale tentant de reprendre le contrôle des champs pétroliers.

Le « Congrès national du peuple du Sud » au Yémen a mis en garde contre des plans visant à redessiner les frontières du sud du pays, alors que s’intensifie le conflit autour des champs pétroliers de l’Hadramaout, à l’est du pays. Des inquiétudes montent face à la possibilité que des groupes tribaux prennent le contrôle de ces champs, une situation susceptible de menacer non seulement la sécurité locale, mais aussi la stabilité de toute la région, selon le site 26 Septembre Net.

Dans un communiqué publié à l’occasion du 58e anniversaire de la proclamation de la République du Sud-Yémen, le 30 novembre 1967, le Congrès a déclaré qu’il « condamne et dénonce les politiques d’oppression dont souffrent les populations du Sud-Yémen ainsi que celles du Nord, et met en garde contre les plans coloniaux visant à ramener le Sud au statut qui était le sien avant le 30 novembre, que ce soit par appellation, division géographique ou fragmentation politique ».

Le communiqué, relayé par le journal yéménite Al-Ayyam, affirme que « notre peuple et l’Histoire maudiront et jugeront quiconque a participé à la souffrance de notre peuple, au pillage de ses richesses, à l’exploitation de sa cause, à l’atteinte à l’unité de son territoire et à sa souveraineté, ainsi que ceux qui ont provoqué des conflits ou des affrontements armés pour servir des objectifs étrangers ».

Le Congrès national du peuple du Sud a appelé à accélérer les efforts d’unification et à former un front national regroupant toutes les forces patriotiques et les composantes du mouvement du Sud.

Cet avertissement intervient après qu’un chef tribal, Amr ben Habreesh, qui a constitué une milice armée nommée « Forces de protection de l’Hadramaout », a annoncé lors d’une large réunion tribale tenue jeudi sur le plateau de l’Hadramaout, son intention d’utiliser ses forces pour affronter toute troupe gouvernementale cherchant à reprendre les champs pétroliers contrôlés par les groupes affiliés à Ben Habreesh depuis environ deux ans, selon le site yéménite Bran Press.

Le site met en garde : toute attaque contre les camps de la « Brigade d’élite de l’Hadramaout » par ces groupes tribaux armés, ou tout affaiblissement de cette brigade, recréera un vide sécuritaire et permettra à Al-Qaïda de revenir en quelques semaines. Un scénario dont les Houthis pourraient également tirer parti pour étendre leur influence dans l’est du Yémen.

Depuis que la Brigade d’élite de l’Hadramaout a pris le contrôle de la ville de Mukalla en 2016, la région, riche en ressources pétrolières et dotée de ports stratégiques, a connu une stabilité relative, avec un niveau limité d’activités terroristes. Cependant, depuis plusieurs mois, les groupes tribaux armés affiliés à Ben Habreesh ont pris le contrôle des champs pétroliers de Wadi al-Masila et détournent des stocks de produits pétroliers vers le marché noir, au milieu d’indications et de craintes d’une coordination indirecte avec les Houthis, qui leur fourniraient des armes depuis Sanaa.

Le Yémen connaît un conflit armé prolongé opposant le gouvernement reconnu internationalement, les Houthis soutenus par l’Iran, ainsi que des groupes terroristes tels qu’Al-Qaïda dans la péninsule Arabique, qui avait occupé la province de l’Hadramaout, la plus vaste du pays, en 2015.

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