72 ans depuis la dissolution des Frères musulmans : l’histoire de la décision du Conseil du commandement de la révolution en Égypte

Le groupe des Frères musulmans possède un long historique de dissolutions, d’interdictions et d’activités terroristes, étroitement lié à des complots et à des tentatives d’assassinat à différentes périodes de l’histoire égyptienne.
Toutefois, la décision de dissoudre les Frères musulmans en 1954 demeure l’un des coups les plus sévères portés au groupe. Elle a marqué le passage du mouvement d’un cadre d’activité libre et légale à une situation de dissolution et de répression.
Le 14 janvier 1954, le Conseil du commandement de la révolution en Égypte a décidé de dissoudre le groupe des Frères musulmans, la considérant comme un parti politique soumis à une décision antérieure du Conseil relative à la dissolution de l’ensemble des partis politiques.
Cette décision est intervenue trois mois après l’incident d’Al-Manshiya, à Alexandrie, au cours duquel le groupe des Frères musulmans, qualifiée de terroriste, avait tenté d’assassiner le président du Conseil du commandement de la révolution, Gamal Abdel Nasser.
La décision publiée par le Conseil du commandement de la révolution égyptienne le 14 janvier 1954 intervient dans un contexte où le groupe était, à l’époque, la seule entité ayant initialement échappé à la dissolution générale des partis politiques, le Conseil l’ayant alors considérée comme une « organisation religieuse et de prédication ».
L’affaire remonte à l’incident d’Al-Manshiya, lorsque Gamal Abdel Nasser prononçait un discours devant une foule immense sur la place Al-Manshiya à Alexandrie.
Huit balles ont alors traversé la tribune sur laquelle il se tenait, dans une tentative d’assassinat qui a échoué.
Le gouvernement de l’époque a accusé l’organisation secrète affiliée au groupe des Frères musulmans de chercher à renverser l’État, à semer le chaos et la violence, et à tenter d’assassiner les membres du Conseil du commandement de la révolution.
Les enquêtes ont alors établi que cette tentative d’assassinat s’inscrivait dans un complot de grande ampleur visant à éliminer les membres du Conseil du commandement de la révolution ainsi que 160 officiers de l’armée afin de s’emparer du pouvoir, selon des rapports locaux.
À la suite de la révolution du 30 juin 2013, les autorités égyptiennes ont inscrit le groupe des Frères musulmans sur la liste des organisations terroristes.
